BRECHT AVAIT RAISON

« Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde ». L’histoire nous jouerait-elle un bis repetita avec la résurgence d’une sauvagerie que l’on croyait disparue avec la chute du régime nazi ? Comment ne pas s’interroger sur la similitude entre les attentats commis en janvier et le 13 novembre avec l’inhumanité de l’idéologie nazie ? Car c’est bien leur trait commun, il y a l’Humanité d’un côté, nous tous, avec le désordre du monde, les conflits et les crises, et de l’autre le visage hideux d’une ante-humanité, quelque chose qui n’appartient plus à l’espèce humaine. On ne combat pas un tel monstre avec des fleurets mouchetés. Les discussions byzantines et postures politiques n’ont pas manqué depuis quelques jours dans les media ou sur les réseaux sociaux : sommes-nous en guerre ou pas, nos libertés sont-elles menacées, fallait-il agir plus tôt, la justice est-elle trop laxiste … se perdent dans l’accessoire tandis que la nécessité doit faire loi. Encore une fois, on pense aux temps qui ont précédé la Seconde Guerre Mondiale, et à la constance de certains comportements dans l’histoire. Ils ont bonne mine aujourd’hui ceux qui ont dit en janvier que la cause palestinienne motivait les frères Kouachi, ceux qui s’interrogeaient si les rédacteurs de Charlie hebdo n’étaient pas allés trop loin avec le Prophète. Les attaques du 13 novembre, elles, ont été portées contre une société, sans distinction, ni religieuse ni d’aucune sorte. Bien sûr, il appartient aussi aux religions d’être dans l’action ensemble contre ces commandos de la mort qui prétendent agir au nom de l’une d’elles. Mais, si elles ont été menées « à l'aveugle » et pas de façon ciblée cette fois, c'est peut-être bien parce qu’après le 7 janvier la société a résisté et a refusé de dresser les uns contre les autres.. Espérons que les victimes de Paris - une collègue, élue CGT a perdu sa fille - provoqueront un électrochoc salutaire. Nul besoin de répondre à la question du sexe des anges aujourd’hui : les loups sont entrés dans la cité. On a beaucoup chanté la Marseillaise ces jours derniers, elle fût aussi chantée par les soldats de l’an II quand la République naissante était en danger. Saint-Just dit alors : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté », ce qui signifie qu’on ne discute pas avec ceux qui se servent de la démocratie pour la détruire.

BUSINESS NOT AS USUAL

Boursorama titrait le lendemain des attentats, « la Bourse sera ouverte lundi », ouf de soulagement. Quant à la DG, où les débats furent chauds, elle opta pour un communiqué « recommandant » de ne pas sortir pour la minute de silence en hommage aux victimes … immédiatement interprété comme un «restez au bureau», comme s’il pouvait y avoir mieux à faire que d’y participer ! La raison l’a vite emporté, et des mesures ont été mises en place : une cellule de crise a été activée, les organisations syndicales sont informées quotidiennement pour faire le point des consignes de sécurité, les déplacements sont réduits au strict minimum, les autres reportés. Ceci précisé, la réponse au terrorisme, c’est aussi notre capacité à vivre et travailler ensemble. Le personnel de la Société Générale recouvre une formidable diversité, que nous sommes fiers d'incarner aussi dans notre syndicat, illustration d’une société véritablement humaine. Préserver cet atout, veiller jalousement à le défendre et rejeter toute tentation d’y porter atteinte est un devoir prioritaire pour nous.

Les infos sous format PDF se trouvent ici

cgt571-attentas-nov15

Publié dans Infos 2015

CorseMatin24112014

 

Hier, plusieurs dizaines de personnes se sont réunies place de la mairie pour témoigner leur solidarité à ce jeune couple.  Employés à la Société Générale, ils travaillent à Calvi et son victimes de menaces.

Publié dans Tribune des Salariés