vendredi, 15 février 2019 12:14

"On peut dire que François était un homme de parole" Michel Marchet 13 février 2019

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Ce dessin est des premiers livrés par François.

Il représente comme la signature de son engagement, le petit personnage, c’est lui, l’homme en costume, c’est Daniel Bouton, PDG à l’époque, à qui François dit : dans ce syndicat, on travaille pour de bon ! Ces deux personnages vont être des piliers des infos de la CGT. Un jour, un délégué de chez nous me dit : je connais un type, il revient des Etats-Unis, il dessine bien, je lui ai proposé de dessiner pour nous, il est intéressé. Je suis réservé, beaucoup prêchent pour que nos infos hebdomadaires contiennent un dessin, mais il ne suffit pas de le dire. Je rencontre donc François peu après. Le personnage est étonnant, il garde une distance tout le temps avec ce qui l’entoure, il proclame farouchement son indépendance d’esprit… et accessoirement, il n’aime pas FO, ni Marc Blondel, leur secrétaire général de l’époque, un jouisseur épicurien opportuniste éloigné de l’ascète qu’il est. Je lui expose de mon côté les conditions, nous publions 52 numéros de nos infos hebdomadaires dans l’année, il faut donc pouvoir fournir 52 dessins qui seront liés à l’actualité de l’entreprise, et il n’y a pas de retour en arrière possible une fois que les gens seront habitués à leur « trait » de la semaine. François lui, est surtout attaché à son indépendance, il veut un engagement de notre part : aucune censure. Ce sera « le deal » comme il le disait : il s’engage à fournir un dessin par semaine, et nous nous engageons à le publier. Marché conclu. Ce deal durera jusqu’à son dernier souffle, pas loin de 700 dessins, ce qui représente plus de 10 millions d’exemplaires diffusés ! On peut dire que François était un homme de parole.

Michel Marchet , ex - délégué national de la CGT Société Générale 

Lu 1402 fois Dernière modification le vendredi, 15 février 2019 15:47
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