mercredi, 01 avril 2020 11:25

consultation sur la signature de l'accord lié à la crise Coronavirus à la SG - 31 mars 2020

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Difficile de résumer la situation dans cette période exceptionnellement dramatique.

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Le temps manque.

Même en travaillant nuit et jour comme certains d’entre nous depuis le 13 mars, nous manquons de temps pour répondre rapidement à toutes les sollicitations des salariés, parfois seuls et éloignés d’un représentant CGT. Bien heureusement, notre organisation avait pris de l’avance (grâce aux mails, au site internet, aux pages facebook, etc).

Tout d’abord, je tiens à vous dire la fierté d’avoir vu les équipes CGT sur le terrain pour répondre aux urgences des salariés et des situations d’une crise dont personne ne pouvait envisager l’ampleur.

Nous avons appris sur nous et nos organisations en 3 semaines plus que pendant les 2 dernières décennies. Viendra le temps de faire les bilans des erreurs et des manquements. Pour l’heure, nous pouvons dire aux salariés que les conditions sont radicalement différentes, là où nous étions présents, face aux déserts syndicaux (à la SG et au-delà). Chacun peut le mesurer dans son cercle familial ou amical.  La SG a été la 1ère banque à fermer les guichets quand les mesures de sécurité n’étaient pas réunies, pour ne répondre qu’aux urgences des clients auxquels nous devions trouver des solutions. Les mesures de sécurité ont été plus rapidement prises dans les CDS là où la CGT était présente. Idem pour les CRC.

Nous n’avons pas agi seuls et il faut reconnaître que les autres syndicats ont eu un rôle important, ne serait ce que dans l’intersyndicale que nous avons proposée, portée à bout de bras, mais qui a permis de peser sur le sort des salariés de la SG et dans les récentes discussions avec la direction.

Pour autant, nous devons faire des choix difficiles qui auront des conséquences individuelles et collectives dont l’importance est d’une rare complexité.

Suite à la parution des ordonnances du gouvernement qui donnent les pleins pouvoirs aux directions d’entreprises sur la gestion des jours de repos dans le cadre de la crise, les directions des différentes banques ont pris des mesures pour imposer des congés aux salariés pendant la période du confinement. Notre principal concurrent  a imposé 7 jours de RTT (en plus des congés déjà posés, sans pouvoir bénéficier du jour de fractionnement, des jours RTT employeurs, sans engagement sur le maintien de la rémunération ou l’emploi).

A la Société Générale, les syndicats ont exigé que des engagements soient pris sur l’emploi, la rémunération, les conditions de travail et sur la mise en œuvre des dispositions gouvernementales pour les rééquilibrer en faveur des salariés.

Le dernier texte proposé par la direction est maintenant sur le site (www.cgtsocgen.fr), sur facebook (actu syndicale CGT aux salariés de la Société Générale).

Que dit le projet final soumis à la signature ?

Le temps manque pour entrer dans les détails, mais il repose sur quelques principes. Il vous appartient de lire le projet d’accord et de vous déterminer en tenant compte du contexte social et économique incomparable avec aucune autre période de notre histoire. Personne ne sait quand le confinement pourra être levé et quand chacun d’entre nous pourra reprendre une vie normale. Bien évidemment, il faut avoir en tête que beaucoup de nos collègues sont en arrêt, malades, en quatorzaine, en garde d’enfant, en dispense d’activité, etc. L’activité est fortement réduite dans beaucoup de secteurs,  baissée dans d’autres et fortement  augmentée ailleurs.  L’ensemble de l’organisation doit être repensée et des mesures prioritaires ont été prises dans un premier temps pour protéger le maximum des collègues. Il faut se projeter dans les semaines qui viennent et le projet d’accord tente d’y répondre.

Les principes :

  • Pas de recours au chômage partiel (indemnisé 84% du net pendant 30 jours et 66 % par la suite) ;
  • Maintien globale de la rémunération pour tous pendant la période du confinement (RAGB, variables, augmentations prévues en avril, participation – intéressement, 13ème mois, allocations enfants, transports, etc…) ;
  • Pas de projets destructeurs d’emplois et de ruptures collectives de contrat de travail en 2020.
  • Maintien des accords et application des garanties des accords emplois, RTT, etc.
  • Négociation à la sortie de crise d’une reconnaissance financière (l’histoire de la prime dont les médias parlent) pour les collègues qui auront été sur le pont pendant la crise

En contrepartie la direction a défini avec les syndicats les conditions de la prise de 10 jours de congés jusqu’au 30 mai pour les gens qui ne sont pas en activité continue depuis le début et dont les congés mettraient en risque l’activité de la banque.

Nous avons mis des bornes pour que chaque collègue puisse s’y retrouver et garder des congés pour la suite de la crise que l’on espère la plus proche possible.

Nous vous laissons lire le projet d’accord et participer à la consultation des salariés que nous avons mise sur notre site internet. Les conditions d’une telle consultation ne sont pas optimales. Beaucoup de collègues sont en absences diverses et variées. Beaucoup n’ont pas accès aux messageries professionnelles. N’hésitez pas à partager ce texte pour permettre la consultation du plus grand nombre et notamment les collègues, les plus concernés par les dispositifs qui bénéficient des garanties de l’accord.

Nous avons alerté la direction sur le versement des dividendes qui viendrait en opposition avec cet élan de solidarité qui est demandé aux seuls salariés pour l’instant. Seule une position de place peut permettre d’avancer sur cette question et nous devons la traiter à part, sans l’ignorer. Cette question est maintenant réglée.

Nous avons aussi alerté par mail ce soir l’ensemble des patrons de BU/SU puisqu’il leur revient maintenant de bien appliquer les dispositifs, notamment à BDDF où les salariés ont été au front avec les clients dès le début de la crise.

Ce n’est pas anodin que le délégué national de la CGT, qui se bat depuis des décennies pour conquérir des droits et en obtenir d’autres, vous appelle à bien réfléchir (au-delà de votre propre situation, pour permettre la solidarité nécessaire dans une entreprise comme la nôtre) en approuvant la signature d’un tel accord. Mais la période n’est pas comme les autres et le repli sur soi serait une catastrophe supplémentaire pour beaucoup de nos collègues.

 

 

Lu 6676 fois Dernière modification le mercredi, 01 avril 2020 17:30
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