Société Générale: le plan de restructuration présenté dans "une ambiance d’enterrement"

Par Guillaume Allier et Thiébault Dromard le 10.04.2019 à 15h14 ABONNÉS

 

Le nouveau plan de restructuration de la Société Générale prévoit la suppression de 1.600 postes dans le monde, dont 752 en France. Il a été présenté cette semaine aux salariés dans "une ambiance d'enterrement". Une atmosphère délétère qui se répand dans toutes les équipes de la banque depuis maintenant plusieurs années.

 

La Société Générale ne fait plus rêver. Surnommée ironiquement la "Société Géniale" dans le milieu bancaire, l'image de l'entreprise a beaucoup souffert des "affaires" successives : Kerviel, manipulation des taux d'intérêt du Libor, violation d'embargo américain mais aussi par la multiplication des plans de restructuration. Le dernier en date, annoncé en février dernier et présenté cette semaine aux salariés dans "une ambiance d'enterrement", rapporte Philippe Fournil, responsable CGT de la banque, n'est autre que le 12e depuis l'arrivée de Frédéric Oudéa en 2008 (soit en moyenne plus d'un par an). "Avec ce nouveau plan, la banque risque de basculer, s'inquiète encore Philippe Fournil, c'est peut-être celui de trop". Cette nouvelle politique de départs volontaires prévoit en effet la suppression d'environ 1.600 postes dans le monde, dont 752 en France (essentiellement dans la banque de financement et d'investissement, ou BFI). De quoi nourrir encore le désamour des collaborateurs pour le Groupe SG et plomber un peu plus l'ambiance dans les équipes.

 

"La great loose"

Comme chaque année depuis trois ans, la Société Générale a réalisé son "baromètre employeur" en septembre dernier. Sauf que contrairement aux épisodes précédents, cette fois-ci la direction n'a pas souhaité le rendre public. Il faut dire que les chiffres sont particulièrement mauvais. D'après ce document classé confidentiel mais que Challenges a pu consulter 34% du personnel interrogé dit ne pas avoir confiance dans les décisions prises par leur direction et 50% se disent confiants, contre 16% et 68% respectivement en 2017. Soit une perte de 18 points de confiance en un an. Une chute tout aussi spectaculaire lorsqu'il s'agit d'évoquer les orientations stratégiques du groupe. Du côté des changements au cours des 12 mois précédents, 39% des salariés estiment qu'ils ont des impacts négatifs, 27% pensent au contraire qu'ils sont positifs, et 34% demeurent incertains. Une incertitude qui se ressent sur leur vision de l'avenir : 46% se disent ainsi pessimistes quant à leur propre avenir, contre 45% d'optimistes (11 points de moins qu'en 2017). Leur motivation est également en nette baisse, tout comme leur fierté de travailler pour la Société Générale : ils sont à peine plus de la moitié à recommander le Groupe SG comme employeur, une chute de 16 points en un an.

"C'est une situation paradoxale, analyse Philippe Fournil : les chiffres font état d'un désengagement des salariés, alors qu'avec tout ce qu'on leur fait subir, ils font preuve d'un grand professionnalisme dans les périodes difficiles". Un désengagement qui se ressent dans l'ambiance de travail et dans les propos des salariés. "On ne peut pas dire si l'ambiance est bonne ou mauvaise car il n'y en a pas !", ironise ainsi Victor*, un analyste de la BFI, principale concernée par le plan de départs. "En revanche dans mon ancienne équipe, que j'ai quittée il y a environ un an, c'est encore pire, c'est carrément la great loose ! continue-t-il. Une seule de mes anciens collègues est restée, et elle s'est mise en mobilité". Nadia* a, quant à elle, quitté Lyxor Asset Management, le gestionnaire d'actifs filiale de la Société Générale, récemment : "C'est un faible mot de dire que j'en avais marre", nous dit-elle. Dans son ancien service, elle a vu se succéder les nouvelles têtes et le travail était devenu de moins en moins intéressant depuis que certaines fonctions ont été délocalisées en Inde. "Le management intermédiaire est totalement déboussolé, il ne comprend pas la stratégie du groupe et reporte totalement son stress sur les équipes multipliant les risques psycho sociaux", raconte Amélie* qui aurait aimé faire partie du plan de départ.

"Nous avons passé les 48 dernières heures à soutenir les salariés, raconte Philippe Fournil. Ils ne sont pas complètement désespérés dans la mesure où il n'y aura pas de licenciements secs et où les conditions de départ sont satisfaisantes. Mais ils n'ont en revanche aucune visibilité sur la stratégie du groupe". Un manque de visibilité que rapporte également Béatrice*, salariée chez Société Générale Securities Services (SGSS), la branche des métiers titres de la banque rouge et noir : "Ici l'ambiance c'est wait and see. SGSS perd quelques emplois mais reste assez épargnée comparé à la BFI". Pour le moment. Elle, qui a vu sa situation professionnelle rester au point mort depuis des années, ajoute, complètement résignée : "Je ne suis qu'un petit pion… Ils vont me mettre à la porte mais ce sera une grossière erreur car je ne coûte rien et rapporte beaucoup". Un sacrifice au nom de la rentabilité mais qui concerne en priorité d'autres activités : "Le pôle IBFS [banque internationale et services financiers, NDLR] va subir de lourdes suppressions d'emplois alors que ses résultats sont salués depuis des années", ajoute Philippe Fournil.

« C’est vous l’avenir »... ou pas !

Ces restructurations permanentes ont aussi pour conséquence d'écorner encore un peu l'image de la Société Générale, qui devient moins attractive au profit de ses concurrents. "La Société Générale a beaucoup perdu en dynamisme et en inventivité, estime un consultant travaillant pour la banque. Il faut se souvenir du sens de l'initiative de l'établissement, dans les années 2000, lors de la création de Boursorama ou du lancement des premiers services de leasing auto. Aujourd'hui, cette innovation est plutôt à chercher du côté de BNP Paribas. D'ailleurs, en dehors de Frédéric Oudéa, le groupe n'est plus incarné. Il n'y a pas de personnalité visible capable de porter l'image de la banque."

Une image et une attractivité dont s'inquiète le responsable CGT : "Nous avons récemment tiré la sonnette d'alarme sur ce point-là, nous précise Philippe Fournil : ces derniers mois, on a enregistré plus de 800 démissionnaires !". Depuis quelques temps, la direction essaie pourtant tant bien que mal de se racheter un nom et de tirer un trait sur les heures sombres de sa récente histoire : "Les litiges sur le Libor [manipulation de taux d'intérêt, NDLR] et ceux liés aux autorités américaines étant désormais clôturés, la paralysie autour de la communication s'efface", affirmait ainsi en novembre 2018 Caroline Guillaumin, qui occupe la double fonction de directrice des ressources humaines et de directrice de la communication. En lançant le nouveau slogan de la Société Générale ("C'est vous l'avenir"), elle espérait redorer la "marque employeur" de la banque. Mais "en interne, ce nouveau slogan fait grincer des dents", assure Philippe Fournil. Un changement de communication qui arrive peut-être un peu tard, le mal étant dans la maison depuis déjà bien longtemps.

En externe, l'image de l'entreprise et surtout celle de son dirigeant Frédéric Oudéa ne s'est pas améliorée non plus. Le PDG de la Société Générale figure dans les 5 plus fortes baisses de l'étude annuelle Cac 40 de Vincent de la Vaissière qui fait autorité sur le marché. Les 180 journalistes interrogés devaient répondre cette année à trois questions : incarnation interne/externe, vision stratégique et capacité du dirigeant à délivrer et gestion des crises. Sur ces trois items, le patron de la banque n'a pas convaincu. Contactée par Challenges, la Société Générale n'était pas disposée à commenter le sujet.  

(*) : les prénoms ont été changés

 

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LA NEGOCIATION - LES ACCORDS - LES TEXTES - LES EXPLICATIONS :

Planning de Permanence CGT, Mai 2019. Iinformation sur les réorganisation et du plan de départ volonaire.

L'accord signé est disponible ici 

La validation de la Direccte est ici ( 21 mai 2019 )

Le projet d'accord RCC - nouvelle version du 7 mai 2019 signé le 9 mai suite à la consultation des salariés
Le projet d'accord RCC du 29 avril 
Donnez votre avis : pour ou contre la signature ?
Le projet d'accord RCC du 25 avril 2019

L'accord Emploi du 13 mars 2019  -   notre 4 pages de synthèse des dispositifs  -   la FAQ sur l'accord et sur les réorganisations  
La calculette 
 
 Quel régime fiscal ?
Le calendrier tel que connu à ce jour

Les négociations spécifiques au dispositif de RCC : réunion de négociation du 15 avril - réunion du 23 avril  - Le projet d'accord RCC du 25 avril 2019 - Réunion du 29 avril
L'homologation de la DIRECCTE 92

 

LES DOCUMENTS DE LA REORGANISATION - LA CONSULTATION DES INSTANCES REPRESENTATIVES DU PERSONNEL :
Les dossiers de réorganisations GBIS - IBFS - directions centrales 
Notre compte rendu de la réunion précédent la remise des documents officiels 

Notre compte rendu de la rencontre avec Séverin Cabannes
Notre compte rendu de la rencontre avec Philippe Heim

Réunion du CE des Centraux se réunira le 24 et 28 Mai  , en attendant voici le pré rapport du cabinet Sécafi (21 mai 2019 ) 

Le CE des centraux se réunira le 18 avril matin :
Consultation sur le Projet de Réorganisation et Adaptation des effectifs : GBIS/TRS, GBIS/CCO, HRCO/GBI, MARK, CORI-GLFI, WAAM, SGSS, GBS, AFMO, EURO, RUSS, URBS, IRBA
Intervention de Mme L. LEMAIGNEN (GBIS/TRS), Mme A. C. ROPERS (HRCO/GBI), Me N EYT (IRBA/RBD) et Mme POTTIER (AFMO/HQE/HUM)
- Matrice de passage de MARK 

- ADDENDUM MARK/CTY & DESCARTES TRADING (ANNULE ET REMPLACE LES PAGES 43-45 ET COMPLETE LES PAGES 17-18 ET 79-83 DU DOSSIER CONSULTATION SUR LE PROJET DE REORGANISATION ET D’ADAPTATION DES EFFECTIFS)

Consultation sur le Projet de Réorganisation de : COMM, CPLE, DFIN, SEGL.
Intervention de Mme L. LEMAIGNEN (GBIS/TRS), Mme A. C. ROPERS (HRCO/GBI).

Le comité européen réunis le 26 avril :
PRESENTATION DU PROJE
T DE REORGANISATION ET D’ADAPTATION DES EFFECTIFS DES LIGNES METIERS ET FONCTIONS SUPPORT DE LA BANQUE DE GRANDE CLIENTELE ET SOLUTIONS INVESTISSEURS ET SES IMPACTS DANS LES PAYS EUROPEENS
Cf le compte rendu CGT 

 

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12e Plan de suppressions de postes

En l’absence de Séverin Cabannes, c’est à Laure Lemagnien et Anne-Catherine Ropers qu’est revenu l’honneur de nous présenter le 12e plan de réduction d’effectif de l’ère Oudéa.
Ceci est une revue rapide de la réunion tenue lundi soir. Le détail du plan sera communiqué mardi matin aux élus et mis à disposition sur notre site internet : www.cgtsocgen.com.

En bref
Environ 1600 postes supprimés dans le monde au total (dont environ 1200 pour GBIS) dont 752 en France.
Détail en France par pôles :

  • GBIS : 504
  • HRCO/GBI : 14
  • IBFS : 171
  • Autres directions centrales : 63

Ces 63 dernières suppressions ne pourront donner lieu qu’à des mesures de reclassement interne. Les départs volontaires se feront dans le cadre d’une rupture conventionnelle collective (RCC).

Les expatriés qui n’auront pas de point de chute identifié au 1er mai et les salariés dont les postes ont été supprimés lors de réorganisations précédentes et n’ont pas encore trouvé de reclassement pourront bénéficier des dispositifs d’accompagnement, y compris des départs volontaires.

La période d’information des salariés et de consultation des instances représentatives du personnel (IRP) s’ouvre dès le 9 avril.

La mise en place du plan de réorganisation et de ses mesures d’accompagnement devrait se faire fin mai ou début juin. C’est à ce moment-là que vous pourrez vous manifester auprès d’un dispositif dédié encore à définir avec la direction.

L’objectif de la direction reste de revenir à un RONE pour GBIS compris entre 11,5% et 12,5% contre 7,9% en 2018. La direction vise un allègement de 10 milliards d’euros des RWA, dont 2 milliards grâce à l’optimisation de l’utilisation des ressources rares. La sélectivité sera de mise dans les relations commerciales.

IBFS
Après une première rencontre avec Philippe HEIM (cf cr ci dessous), Nicolas Eyt pour IBFS et Marie Albanne Pottier sont venus devant les organisations syndicales présenter le bilan de la réflexion d'IBFS. Après quelques circonvolutions sur le contexte, le bilan positif des BU, les espoirs en terme de trajectoire, contrebalancées par les incertitudes géopolitiques et l'évolution des métiers, la présentation de la future structure devrait voir les effectifs passer de 378 postes actuels à 226 à la cibles. C'est une vague massive de 135 suppressions nettes de postes qui devraient concernées 235 salariés éligibles aux mesures complémentaires décrites dans l'accord emploi (171 suppressions de postes dont 17 liés à SGABS et 29 expat, avec par ailleurs 28 tranferts vers d'autres directions centrales et 19 créations de postes en BU).

Pour pouvoir véritablement s'y retrouver dans les chiffres qui nous ont été présentés et challenger la justification de chaque suppression de postes, il faudra analyser précisément le document qui va être remis aux organisations syndicales et instances représentatives du personnel demain à 8h30.

Ce document fera ensuite l'objet d'une consultation du CE des Centraux, tout comme le dossier GBIS. Une prochaine réunion de négociation spécifique aura lieu le 15 avril. 

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Publié dans d - Emploi
05/04/2019 15:40 | Boursier | 261 | Aucun vote sur cette news
 

Les spéculations autour des suppressions de postes chez la Société Générale se font de plus en plus précises...

 Credits Reuters

Les spéculations autour des suppressions de postes chez la Société Générale se font de plus en plus précises. Selon les dernières indiscrétions obtenues par Bloomberg, la banque rouge et noire envisage d'éliminer jusqu'à 700 emplois à Paris et des centaines d'autres à Londres et à New York après avoir connu un premier trimestre pour le moins difficile dans ses activités de marché. Une annonce officielle pourrait intervenir dès la semaine prochaine, selon les sources de l'agence. Parmi les dirigeants, Bruno Benoit, responsable de la division "fixed income and currencies", quitterait le navire.

L'établissement financier a annoncé, début février, un nouveau plan de réduction de coûts de 500 millions d'euros dans sa banque d'investissement et une évaluation de ses activités les moins rentables. Le pôle Global Banking & Investor Solutions (GBIS) du groupe Société Générale emploie plus de 20.000 personnes.

 

La source

05/04/2019 | 18:55
SOCGEN VA SUPPRIMER ENVIRON 600 POSTES DANS SA BFI À PARIS

PARIS (Reuters) - Société générale prévoit de supprimer environ 600 postes à Paris au sein de sa banque de financement et d'investissement (BFI) et plusieurs centaines d'autres à Londres et New York, a dit vendredi une source à Reuters.

Il y a deux mois, le directeur général de la troisième banque française Frédéric Oudéa, a déclaré que celle-ci prévoyait d'économiser 500 millions d'euros dans sa BFI après que le bénéfice de cette division a été divisé par plus de deux au quatrième trimestre 2018.

Au sein de cette BFI, les encours pondérés alloués aux activités de marché seront réduits de quelque huit milliards d'euros et la banque veut désormais se concentrer sur certaines activités comme les dérivés actions en réduisant la voilure sur les taux, les changes, le crédit et les matières premières.

La direction de Société générale doit rencontrer la semaine prochaine les représentants du personnel pour évoquer ce plan de suppression de postes, a ajouté la source.

"Ces suppressions de postes prendront la forme de départs volontaires", a dit de son côté un responsable syndical.

Un porte-parole de la banque a refusé de commenter les informations.

Le titre SocGen a terminé en repli de 1,22% vendredi, ce qui porte son recul à 4,2% depuis le début de l'année après avoir déjà perdu 35,4% en 2018 contre respectivement +9,5% et -28% pour l'indice regroupant les valeurs bancaires européennes.

 

(Matthieu Protard, édité par Dominique Rodriguez)