Publié le 03-05-2016 à 06h45Mis à jour à 07h02
 

Derrière le geste de mauvaise humeur des actionnaires de Renault, se profile la prochaine polémique sur la rémunération des patrons : après les retraites chapeaux, voici venir les actions gratuites, soi-disant « de performance ». Un véritable effet d’aubaine.

 

Derrière le geste de mauvaise humeur des actionnaires de Renault, se profile la prochaine polémique sur la rémunération des patrons : après les retraites chapeaux, voici venir les actions gratuites, soi-disant « de performance ». Un véritable effet d’aubaine.

 Une première sur la place de Paris ! L’assemblée générale des actionnaires de Renault s’est donc prononcée, à 54 %, contre la rémunération de 7 millions d’euros accordée au PDG Carlos Ghosn. Certes, ce vote n’est que consultatif. Certes, la place de l’Etat au capital (19,7 %), opposé aux rémunérations en millions, a fait basculer la majorité. Certes, la double rémunération du patron – il touche au moins le même montant chez Nissan – en fait une situation très spécifique. Il reste que le comité des rémunérations, qui a confirmé dans la foulée de l’assemblée celle du PDG, ne peut se contenter de « prendre bonne note » de ce score calamiteux ; c’était déjà le vocabulaire employé l’année dernière, quand un premier vote de l’AG de Renault (négatif à 42 %) pouvait faire figure d’avertissement. « Je suis libérale, et je ne comprendrais pas que le conseil d’administration ne tienne pas compte de ce que disent les actionnaires », a scandé Laurence Parisot, à l’origine du code Afep-Medef sur le gouvernement d’entreprise des sociétés cotées, et qui s’est invitée le 2 mai sur BFMBusiness pour faire part de son étonnement.

L'aubaine absolue des actions gratuites

Derrière ce geste de mauvaise humeur se profile la prochaine polémique sur la rémunération des patrons : après les indemnités de départ octroyées même en cas d’échec, après les retraites chapeaux, voici venir les actions gratuites, dites « de performance ». Un président de comité de rémunération ne craint pas de soulever le lièvre : « C’est une anomalie complète, une rigolade, et pour les dirigeants, une aubaine absolue. » Dans le collimateur, l’absence de risque puisque, même si elles sont soumises à des conditions de performance, celles-ci sont beaucoup moins sévères que la sanction ultime des stock-options : voir le cours de l’attribution prévu jamais atteint, et donc le cadeau actionnarial jamais livré…

Surtout, depuis la loi Macron, les actions gratuites sont beaucoup moins fiscalisées que les stock-options, et les entreprises du Cac 40 se sont empressées de les généraliser. Sans que tous les conseils d’administrations aient tous été attentifs à l’avertissement du code Afep-Medef leur enjoignant de « fixer le pourcentage de la rémunération que ne doit pas dépasser cette attribution ». Ainsi, avec deux présidents hautement performants, comme Carlos Ghosn et Carlos Tavares (PSA), affichant tous deux un salaire de 3 millions d’euros en 2015, le premier va recevoir 4 millions d’euros en actions gratuites, tandis que le second n’en a été gratifié que pour deux millions. Ce simple exemple, qui ne fera pleurer personne, démontre une fois de plus que l’on nage pour les rémunérations des dirigeants, en plein arbitraire.

 

Source: http://www.challenges.fr/entreprise/20160502.CHA8632/remuneration-des-patrons-quand-le-cas-ghosn-cache-une-vraie-anomalie.html

Publié dans A - Rémunération

Bonjour,

L’Assemblée Générale des actionnaires s’est tenue mardi dernier. Et s’il y a bien un point qu’elle a établi sans contestation possible, c’est que les résultats de l’année 2014 étaient bons, voire très bons pour le pôle GBIS. Qui plus est, le 1er trimestre 2015 annonce également une très bonne cuvée pour cette année. Cela pourrait vous surprendre si vous vous souvenez des discours qui ont été tenus lors des discussions salariales, qu’elles aient été individuelles ou collectives. A travers les différentes réunions qui se sont tenues cette semaine, nous pouvons avoir une idée de l’affectation des résultats de votre travail :

  • La plus grande part va être affectée à la distribution d’un dividende, en hausse de 20% cette année. Le taux de distribution du résultat net sera de 40%, avec un objectif de 50% pour les années suivantes.
  • Une part également très importante est destinée aux dépenses d’investissement, et en particulier au chantier de la révolution digitale dont il a été beaucoup question tant au CCE que lors de l’AG de mardi.
  • Une part plus restreinte que les années passées va être consacrée au renforcement des fonds propres, mais ceux-ci sont désormais réputés très solides suite au stress test de la BCE l’été dernier.  
  • Le top management va également toucher  sa part, tandis que celle des 6000+ bénéficiaires d’actions dites « de performance » (sur 145'000 salariés dans le monde) va augmenter en moyenne de 25% par rapport à l’année dernière.

Mais il manque une ligne : celle concernant la rémunération – fixe et variable, individuelle et collective – des salariés. Et pour cause : comme tous les frais fixes, elle a vocation à baisser afin d’atteindre le plus rapidement possible le chiffre magique de 10% de rendement du capital (ROE). Or ce dernier n’était encore que de 8,8% au 1er trimestre 2015, malgré des résultats excellents. Séverin Cabannes a donc pu se féliciter que les frais fixes aient baissé de 2% en 2014, et tous les intervenants de la direction répéter en chœur que l’effort devait se poursuivre. Il ne faut donc pas se laisser tromper par les chiffres partiels qui nous ont été distribué lors de la réunion de concertation sur la rémunération variable. Ils excluent ainsi toute la BFI où, si l’on en croit les déclarations en AG, les bonus ont baissé de 35% l’année même où les résultats augmentaient de près de 40%. Plus généralement, la disparition de l’augmentation de capital réservée a également permis à la direction d’économiser environ 40 millions d’euros.

La réponse à la question initiale est donc claire. Les bons résultats ne profitent certainement pas aux salariés. Nos objectifs dans les discussions au sujet de la rémunération variable sont notamment d’assurer un partage plus équitable et plus transparent de la valeur ajoutée créée par l’entreprise. Et dans le même ordre d’idée, puisque le transfert de près de 2800 de nos collègues de La Défense vers Val de Fontenay à l’horizon 2016-17 doit permettre des économies annuelles d’environ 20 millions d’euros, nous estimons qu’il est normal et équitable que la direction fasse des efforts significatifs pour les accompagner dans ce bouleversement. Nous attendons donc de sa part des propositions enfin sérieuses sur le sujet. Peut-être mercredi prochain…

Bon week-end !

Emeric

Secrétaire du CE des Service Centraux Parisiens

Délégué du Personnel CGT

Publié dans Tribune des Salariés

De :  
Envoyé : jeudi 20 novembre 2014 14:10
À : FOURNIL Philippe DevlCooDir
Objet : [IRP] communiqué du 19 novembre 2014 : appel à la grève pour le vendredi 5 décembre

Salut Philippe,

Ce qu’il y a de bien c’est que le mois dernier, la direction a remis aux membres des CE la « Base de Données Economiques et Sociales » sur laquelle les rémunérations de nos dirigeants sont clairement indiquées…

Ca permettra au personnel de pouvoir comparer par rapport à leur situation propre… c’est édifiant !

Bonne journée

Bises

 

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Voir également Les salaires des banquiers ont fortement augmenté en 2013 (Source Le Figaro)

 

Publié dans Tribune des Salariés