COUP DE TORCHON

Une simple petite annonce sur la télé interne : un nouveau prestataire fait le ménage dans les services centraux à compter du 17 juin… Les responsables maison chargés de suivre le " contrat de prestation " selon la formule politiquement correcte désignant la sous-traitance ont bien fait leur travail de petits soldats. Du 35ème étage de la Défense est venue la consigne : nous avons promis du ROE aux " marchés ", il faut réduire les charges, consigne scrupuleusement appliquée aux étages inférieurs ; d’où le nouvel appel d’offres visant à réduire de 20% le coût du ménage dans les chiottes en marbre des tours de la Défense. Pas moins de onze sociétés ont fait acte de candidature pour, en théorie, faire le même travail, avec le même personnel, et en tirer bien sûr un petit bénéfice. A l’arrivée, miracle, il n’en reste que deux, capables de réaliser cette prouesse. Il n’y a qu’un os qui gêne pour le film " coup de torchon ", l’article 122.12 du code du travail qui impose à la nouvelle société de reprendre les salariés de l’ancienne. Qu’importe, le 122.12 n’a pas empêché 9 CDD de perdre leur boulot, le hasard faisant bien les choses, leur contrat avait pour échéance le 15 Juin. Tout le monde y retrouve ainsi ses petits, la Générale peut faire ses – 20% et les sociétés de nettoyage conserver leur marge … reste le problème des 2 chefs d’équipe, dont le salaire a le défaut d’être supérieur au SMIC. On a donc convenu de s’arranger avec le 122.12, et de ne reprendre que les smicards qui ont toute liberté de travailler plus pour gagner plus. C’est ainsi que 2 personnes qui ont encadré le travail de ménage depuis l’inauguration du siège social et qui ont veillé au ramassage des miettes de sandwiches des cadres oveurbouqués se retrouvent sans boulot. Chaque partie, la Société Générale donneuse d’ordre et les sociétés de nettoyage se renvoyant la balle, tout ce petit monde se retrouvera donc devant le tribunal assigné par la CGT qui trouve que ces méthodes ont la même odeur que des chiottes en marbre souillés.

 

CHARTE INTRANET, LE RETOUR

La commission sociale du comité central d’entreprise a reçu une nouvelle nouvelle version de la charte intranet destinée essentiellement à permettre de sanctionner certains usages de la messagerie interne ou d’internet. Cette version a été présentée à la CNIL pour s’assurer de sa conformité aux obligations légales. Elle devrait être à nouveau soumise à l’avis du comité central le 3 Juillet avant d’être annexée au règlement intérieur et entrer en application. La CGT a ferraillé depuis le début pour tenter d’empêcher qu’elle se transforme en outil de flicage du personnel. De nombreuses améliorations ont été obtenues pour garantir le respect des libertés individuelles notamment dans l’usage privé du courrier électronique. Au final, même si nous avons demandé et obtenu que l’employeur s’interdise de consulter le contenu d’un message personnel, dûment labellisé PRV dans le champ objet, gare aux pièces jointes qui seront forcément visibles… Gare aussi au poste de travail non déconnecté, l’identifiant et le mot de passe seront considérés comme un moyen de preuve en cas d’utilisation abusive.