LES NOUVELLES DU FRONT

La dernière réunion s'inscrivant dans le calendrier décidé par l'AFB a tourné court. La délégation patronale a remis un texte déclaré "définitif" que les 5 fédérations syndicales ont rejeté en l'état. Contrairement au scénario que le patronat bancaire avait conçu dès l'origine de la dénonciation, aucun syndicat n'a accepté de signer un texte alors que la négociation n'est pas achevée, tandis que restent en suspens des questions importantes à faire avancer. Désormais, l'hypothèse à laquelle a travaillé la CGT, tout au long de la bataille de février 98 à aujourd'hui, est devenue incontournable : le contrat collectif de la profession doit être signé par les 5 organisations représentatives de la profession. L'interfédérale réunie le 22 est parvenue au même constat sur l'état de la négociation. Chaque fédération a clairement exprimé son souhait de ne pas quitter l'interfédérale, de travailler pour obtenir un texte que les 5 pourraient signer et elle a approuvé le principe de définir une liste des conditions que nos 5 fédérations mettent à la signature. Cette liste de conditions acte l'état des progrès obtenus à partir des propositions syndicales et établit les points sur lesquels la négociation doit se poursuivre. Cette liste fait l'objet d'une lettre qui a été adressée le jour même à l'AFB. Elle cible des objectifs clairs qui donnent à l'AFB les moyens de mesurer quel est l'enjeu. Désormais, malgré ses déclarations fracassantes et les premiers communiqués patronaux imprudents déjà diffusés dans les entreprises, le refus de reprendre la négociation de la part de l'AFB serait irresponsable et signifierait sa préférence pour le vide du protocole social en 2000. L'interfédérale a également prévu de s'adresser au gouvernement, notamment au ministre des finances et au ministre du travail, aux parlementaires et elle invite le personnel à s'associer à la lettre qu'elle envoie au ministre du travail. Par ailleurs, la réunion d'une commission mixte paritaire est demandée avant la fin de l'année pour obtenir la reprise de la négociation. Dans la brève période qui nous sépare désormais du 31 décembre, l'interfédérale insiste sur la reprise nécessaire de la négociation et sur le risque social du protocole en janvier. Le communiqué interfédéral prévient du conflit social dont il serait porteur et pour faire le point de cette période une conférence de presse des fédérations se tiendra le 3 janvier. En bref, au cas où l'AFB campe sur ses positions, personne ne signera d'ici le 31 décembre. Elle sera alors dans la situation d'appliquer le protocole, ce qui serait ressenti comme une véritable provocation. Cette situation pourrait déboucher sur une reprise de la mobilisation.

L’ÉTRANGER

Une expérience grandeur nature pour le personnel qui assistait au CE des centraux du 23 décembre et dont l'avenir proche dépendait de la consultation du CE. Les élus unanimes ont voté une procédure judiciaire de délit d'entrave pour absence de consultation sur les restructurations d'INFI. Ils ont exposé à la direction toutes les bonnes raisons qu'ils avaient de demander le report de l'examen des dossiers de restructuration qui leur étaient soumis pour avis (suppression du service de Documentation de DEVL par exemple)… Certainement fâchée par l'unanimité des élus, la direction a décidé "de passer en force".… Ce coup de force s'est fait devant le personnel concerné que les élus avaient convié à assister à cette réunion déterminante pour leur avenir. Devant la présence de ce personnel, la direction a décidé d'envoyer un huissier constater la "présence de personnes étrangères" au CE. ... étranger dans sa propre entreprise ! Le personnel se rappellera certainement longtemps avec quel mépris, il fut traité et perdit en même temps son service.