LA NAUSEE

Les couteaux s’apprêtent à sortir à l’approche de l’échéance boursière. A la veille de la décision du tribunal concernant le recours contre l’OPE SBP, la pression augmente de toutes parts. Il y a les supporters du champion français dont une bonne partie de la presse économique, c’est ainsi que la Tribune titre : " l’espagnol BSCH prend une place de plus en plus encombrante dans le capital de la Générale " encombrante pour qui ? On cite des " rumeurs " attribuant au gouvernement une mise en garde, " tout accord avec une banque étrangère pour contrer la BNP serait inacceptable ". Le cabinet Deminor, rien à voir avec le déminage au Kosovo, autoproclamé représentant des actionnaires minoritaires, demande à la COB d’enquêter sur le rachat de titres SG par BSCH … Axa a choisi son camp, tandis que le président des AGF déclare que si son vote est pour SG Paribas, ses actions iront au plus offrant. Tous s’accordent cependant sur un point, ça reste une histoire de gros sous. Le chroniqueur économique d’Europe 1 souligne que c’est la plus value immédiate qui déterminera en dernier ressort l’attitude des actionnaires. La Tribune insiste sur le rôle que joueront les fonds de pension anglo-saxons détenteurs de parts considérables dans le capital des 2 banques, tout comme le rédacteur en chef des Echos, Nicolas Baytou ou Alain Madelin qui s’émerveille sur les ondes de ce bel exemple du rôle nouveau qui revient aux marchés… C’est à en donner la nausée. Plus-values, dividendes, ROE, en bref comment se remplir les poches, les requins de la finance sont attirés par l’odeur du sang. Pas un mot des 130.000 pions qui vivent et respirent dans les entreprises concernées. On attend la surenchère de la BNP, ou celle de la Générale… une surenchère synonyme de quelques milliers d’emplois, de la saine gestion privée. Ne rien faire serait laisser le dernier mot aux fonds de pension et aux rentiers. La CGT se prononce pour organiser une nouvelle action avant que les carottes ne soient cuites. Il faut que le personnel fasse entendre sa voix car personne ne le fera à sa place, et on a bien vu après la grève du 22 avril dans les commentaires, qu’il n’y avait pas que les OPA qui pouvaient être hostiles. La CGT va proposer aux autres syndicats de la Générale de se rencontrer dans la semaine pour décider d’une initiative. Sans initiative syndicale, cette semaine-là ne serait que la semaine où, sauf décision du tribunal, la bataille boursière battra enfin, selon le mot du journaliste impatient de la Tribune, son plein …

CONVENTION COLLECTIVE

L’AFB a repris contact avec les fédérations syndicales pour proposer une nouvelle date de réunion le 25 ou le 28 juin, où elle devrait remettre son projet de convention collective. Elle aura gagné un mois, mais ce n’est pas une affaire de délai, elle aura surtout prouvé que depuis juin 98 elle cherche à noyer le poisson.

Quelques jolis exemples de la parole unique dispensée sur le site internet cgt.SG