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VEILLE JURIDIQUE N° 1/2017

JURISPRUDENCE – TEXTES EN MEDECINE DU TRAVAIL

Textes :

Décret n°2016-1908 du 27 décembre 2016 relatif à la modernisation de la médecine du travail, pris en application de l’article 102 de la loi n°2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels (« Loi Travail ») :

Le décret, applicable depuis le 1er janvier 2017, réforme en profondeur le suivi des salariés.
Les modifications apportées les plus importantes sont les suivantes :

- Remplacement, pour les travailleurs non soumis à des risques particuliers, de la visite médicale d’embauche par une visite d’information et de prévention effectuée par le médecin du travail, le collaborateur médecin, l’interne en médecine du travail ou l’infirmier. Le salarié est ensuite orienté vers le médecin du travail si nécessaire. Une attestation (dont le modèle sera fixé par arrêté) est délivrée à l’issue de cette visite. Le terme « apte » ne doit pas être indiqué sur l’attestation, seules les restrictions ou l’inaptitude peuvent l’être. Il y a donc une présomption d’aptitude. La périodicité de cette visite est de 5 ans maximum, sauf pour les postes nécessitant un suivi adapté (travailleurs handicapés, titulaires d’une pension d’invalidité, travailleurs de nuit, femmes enceintes, venant d’accoucher ou allaitantes, autres travailleurs définis en fonction du protocole du médecin du travail), dont la périodicité n’excède pas 3 ans.

- Les travailleurs affectés à des postes présentant des risques particuliers pour leur santé ou leur sécurité, celles de leurs collègues ou de tiers bénéficient d’un suivi individuel renforcé et doivent passer un examen médical d’aptitude. Cet examen médical d’aptitude est réalisé par le médecin du travail avant l’embauche et renouvelé périodiquement. Les modalités d’identification des travailleurs exposés à des postes à risques (ainsi que les mesures de suivi individuel renforcé) sont fixés à l’article R. 4624-23 du code du travail : 1er bloc : amiante, plomb (R. 4412-160), CMR (R. 4412-60), agents biologiques groupe 3 et 4, rayonnements ionisants, risque hyperbare, risque de chute de hauteur lors des opérations de montage et démontage d’échafaudages. 2ème bloc : examen d’aptitude spécifique prévu par le code du travail (autorisation de conduite, habilitation électrique, jeunes affectés à des travaux dangereux, manutentions manuelles supérieures à 55kg). 3ème bloc : postes définis par l’employeur après avis du CHSCT et du médecin du travail.

- Pour la visite d’information et de prévention comme pour le suivi individuel renforcé, le médecin du travail adapte la périodicité en fonction de l’état de santé du salarié, de ses conditions de travail, de son âge et des risques professionnels auxquels il est exposé, dans les limites fixés par les textes.

- Le médecin du travail peut déclarer l’inaptitude en un seul examen s’il constate qu’aucune mesure d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste de travail n’est possible et que l’état de santé du salarié justifie un changement de poste. Une étude de poste préalable est toutefois nécessaire, effectuée par le médecin ou un membre de l’équipe pluridisciplinaire, ainsi qu’une étude des conditions de travail dans l’établissement et un échange avec l’employeur. La date à laquelle la fiche d’entreprise a été actualisée doit figurer sur la fiche.

- L’avis des délégués du personnel est désormais requis avant que le médecin du travail formule ses propositions de reclassement aux salariés inaptes même en cas d’accident ou de maladie d’origine non professionnelle. Le médecin doit indiquer des éléments concernant la capacité du salarié à bénéficier d’une formation destinée à lui proposer un poste adapté.

- L’employeur peut licencier le salarié inapte sans avoir à rechercher de reclassement si l’avis du médecin du travail mentionne expressément que l’état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement ou que le maintien du salarié dans l’entreprise serait gravement préjudiciable à sa santé.

- Le suivi des intérimaires (visite d’information et de prévention sur le suivi simple, suivi individuel renforcé pour les postes à risques) et des saisonniers (actions de formation et de prévention pour tous, sauf pour ceux à la fois travaillant plus de 45 jours et soumis à des risques particuliers, pour lesquels un examen médical d’embauche reste nécessaire sauf aptitude reconnue dans les 2 ans précédents sur un emploi équivalent) est également modifié.

- Suppression de la procédure de contestation de l’avis du médecin du travail devant l’inspecteur du travail. L’employeur ou le salarié souhaitant contester les avis, propositions, conclusions écrites ou indications émis par le médecin du travail doit saisir en référé le conseil des prud’hommes d’une demande de désignation d’un médecin-expert, lequel pourra demander au médecin du travail communication du dossier médical du salarié.

Voici les principaux articles du code du travail modifiés (et créés) par ce décret
(texte barré : supprimé ; texte en vert : rajouté par le décret) ainsi que ceux modifiés et créés par la loi du 8 août 2016. Les modifications de la partie législative du code du travail figuraient déjà dans la veille juridique n°2/2016 mais, afin de disposer d’une vue d’ensemble de cette réforme, ils sont également indiqués dans la présente veille :

CHAPITRE VI : MALADIE, ACCIDENT ET INAPTITUDE MEDICALE

SECTION 2 : INAPTITUDE CONSECUTIVE A UNE MALADIE OU UN ACCIDENT NON PROFESSIONNEL - MALADIE GRAVE

SOUS-SECTION 1 : INAPTITUDE CONSECUTIVE A UNE MALADIE OU UN ACCIDENT NON PROFESSIONNEL

Article L. 1226-2 : Lorsque à l'issue des périodes de suspension du contrat de travail consécutives à une maladie ou un accident non professionnel, le salarié le salarié victime d'une maladie ou d'un accident non professionnel est déclaré inapte par le médecin du travail, en application de l'article L. 4624-4, à reprendre l'emploi qu'il occupait précédemment, l'employeur lui propose un autre emploi approprié à ses capacités.

Cette proposition prend en compte, après avis des délégués du personnel lorsqu'ils existent, les conclusions écrites du médecin du travail et les indications qu'il formule sur l'aptitude les capacités du salarié à exercer l'une des tâches existantes dans l'entreprise. Le médecin du travail formule également des indications sur la capacité du salarié à bénéficier d'une formation le préparant à occuper un poste adapté.

L'emploi proposé est aussi comparable que possible à l'emploi précédemment occupé, au besoin par la mise en œuvre de mesures telles que mutations, aménagements, adaptations ou transformations de postes existants ou aménagement du temps de travail.

Article L. 1226-2-1 (nouveau) : Lorsqu'il est impossible à l'employeur de proposer un autre emploi au salarié, il lui fait connaître par écrit les motifs qui s'opposent à son reclassement.

L'employeur ne peut rompre le contrat de travail que s'il justifie soit de son impossibilité de proposer un emploi dans les conditions prévues à l'article L. 1226-2, soit du refus par le salarié de l'emploi proposé dans ces conditions, soit de la mention expresse dans l'avis du médecin du travail que tout maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que l'état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans un emploi.

L'obligation de reclassement est réputée satisfaite lorsque l'employeur a proposé un emploi, dans les conditions prévues à l'article L. 1226-2, en prenant en compte l'avis et les indications du médecin du travail. S'il prononce le licenciement, l'employeur respecte la procédure applicable au licenciement pour motif personnel prévue au chapitre II du titre III du présent livre.

SECTION 3 : ACCIDENT DU TRAVAIL OU MALADIE PROFESSIONNELLE

SOUS-SECTION 2 : SUSPENSION DU CONTRAT ET PROTECTION CONTRE LA RUPTURE

Article L. 1226-8 : Lorsque, A l'issue des périodes de suspension définies à l'article L. 1226-7, le salarié est déclaré apte par le médecin du travail, il retrouve son emploi ou un emploi similaire assorti d'une rémunération au moins équivalente, sauf dans les situations mentionnées à l'article L. 1226-10.

Les conséquences de l'accident ou de la maladie professionnelle ne peuvent entraîner pour l'intéressé aucun retard de promotion ou d'avancement au sein de l'entreprise.

SOUS-SECTION 3 : INAPTITUDE CONSECUTIVE A UN ACCIDENT DU TRAVAIL OU A UNE MALADIE PROFESSIONNELLE

Article L. 1226-10 : Lorsque à l'issue des périodes de suspension du contrat de travail consécutives à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, le salarié le salarié victime d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle est déclaré inapte par le médecin du travail, en application de l'article
L. 4624-4,
à reprendre l'emploi qu'il occupait précédemment, l'employeur lui propose un autre emploi approprié à ses capacités.

Cette proposition prend en compte, après avis des délégués du personnel, les conclusions écrites du médecin du travail et les indications qu'il formule sur l'aptitude les capacités du salarié à exercer l'une des tâches existant dans l'entreprise. Dans les entreprises d'au moins cinquante salariés, Le médecin du travail formule également des indications sur l'aptitude du salarié à bénéficier d'une formation destinée à lui proposer le préparant à occuper un poste adapté.

L'emploi proposé est aussi comparable que possible à l'emploi précédemment occupé, au besoin par la mise en œuvre de mesures telles que mutations, transformations de postes aménagements, adaptations ou transformations de postes existants ou aménagement du temps de travail.

Article L. 1226-12 : Lorsque l'employeur est dans l'impossibilité de proposer un autre emploi au salarié, il lui fait connaître par écrit les motifs qui s'opposent au reclassement.

L'employeur ne peut rompre le contrat de travail que s'il justifie soit de son impossibilité de proposer un emploi dans les conditions prévues à l'article L. 1226-10, soit du refus par le salarié de l'emploi proposé dans ces conditions, Il peut également rompre le contrat de travail si l'avis du médecin du travail mentionne expressément que tout maintien du salarié dans l'entreprise serait gravement préjudiciable à sa santé. soit de la mention expresse dans l'avis du médecin du travail que tout maintien du salarié dans l'emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que l'état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans l'emploi.

L'obligation de reclassement est réputée satisfaite lorsque l'employeur a proposé un emploi, dans les conditions prévues à l'article L. 1226-10, en prenant en compte l'avis et les indications du médecin du travail.

S'il prononce le licenciement, l'employeur respecte la procédure applicable au licenciement pour motif personnel prévue au chapitre II du titre III.

SOUS-SECTION 5 : SALARIE TITULAIRE D'UN CONTRAT DE TRAVAIL A DUREE DETERMINEE

Article L. 1226-20 : Lorsque le salarié est titulaire d'un contrat à durée déterminée, les dispositions des deuxième et troisième dernier alinéas de l'article L. 1226-12 et des articles L. 1226-14 à L. 1226-16, relatives aux conditions de licenciement d'un salarié victime d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle, ne sont pas applicables.

Si l'employeur justifie de son impossibilité de proposer un emploi, dans les conditions prévues aux articles L. 1226-10 et L. 1226-11 ou si l'avis du médecin du travail mentionne expressément que tout maintien du salarié dans l'emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que l'état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans l'emploi, au salarié déclaré inapte titulaire d'un tel contrat ou si le salarié refuse un emploi offert dans ces conditions, l'employeur est en droit de procéder à la rupture du contrat.

Les dispositions visées aux articles L. 1226-10 et L. 1226-11 s'appliquent également aux salariés en contrat de travail à durée déterminée.

La rupture du contrat ouvre droit, pour le salarié, à une indemnité dont le montant ne peut être inférieur au double de celui de l'indemnité prévue à l'article L. 1234-9. Cette indemnité de rupture est versée selon les mêmes modalités que l'indemnité de précarité prévue à l'article L. 1243-8.

Article L. 1226-21 : Lorsque le salarié est déclaré apte n'est pas déclaré inapte à l'issue des périodes de suspension, la rupture du contrat de travail à durée déterminée par l'employeur en méconnaissance des dispositions de l'article L. 1226-8 ouvre droit à une indemnité correspondant au préjudice subi. Cette indemnité ne peut être inférieure au montant des salaires et avantages qu'il aurait reçus jusqu'au terme de la période en cours de validité de son contrat.

Il en va de même pour un salarié déclaré inapte en cas de rupture par l'employeur en méconnaissance des dispositions des articles L. 1226-10 et L. 1226-11 ou du deuxième alinéa de l'article L. 1226-20.

TITRE II : SERVICES DE SANTE AU TRAVAIL

CHAPITRE II : MISSIONS ET ORGANISATION

SECTION 1 : PRINCIPES

Article L. 4622-3 : Le rôle du médecin du travail est exclusivement préventif. Il consiste à éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail, notamment en surveillant leurs conditions d'hygiène au travail, les risques de contagion et leur état de santé, ainsi que toute atteinte à la sécurité des tiers tout risque manifeste d'atteinte à la sécurité des tiers évoluant dans l'environnement immédiat de travail.

SECTION 2 : SERVICES DE SANTE AU TRAVAIL INTERENTREPRISES

Article L. 4622-8 : Les missions des services de santé au travail sont assurées par une équipe pluridisciplinaire de santé au travail comprenant des médecins du travail, des intervenants en prévention des risques professionnels et des infirmiers. Ces équipes peuvent être complétées par des assistants de services de santé au travail, des collaborateurs médecins, des internes en médecine du travail, et des professionnels recrutés après avis des médecins du travail. Les médecins du travail animent et coordonnent l'équipe pluridisciplinaire.

SOUS-SECTION 1 : ORGANISATION DU SERVICE DE SANTE AU TRAVAIL

§ 1er Mise en place et administration

L’article D. 4622-18 devient R. 4622-18 et les modalités de l’ancien article R. 4624-15 y sont intégrées :

Les entreprises foraines adhèrent à un service de santé au travail interentreprises territorialement compétent :

  1° Soit pour la commune de résidence ou pour la commune de rattachement de l'employeur ;

  2° Soit pour l'une des communes où l'entreprise exerce habituellement son activité.

Lorsqu'une entreprise foraine est appelée à embaucher un travailleur lors de son passage dans une localité éloignée d'un centre d'examen du service de santé au travail auquel elle est affiliée, l'examen médical d'aptitude ou la visite d'information et de prévention réalisés à l'embauche peuvent avoir lieu lors du prochain passage dans une localité où fonctionne un de ces centres dans un délai qui n'excède pas un an.

§ 2 Adhésion et cessation d’adhésion

Article D. 4622-22 : Les droits et obligations réciproques du service de santé au travail interentreprises et de ses adhérents sont déterminés dans les statuts ou le règlement intérieur de celui-ci. Ces statuts et ce règlement sont communiqués à l'entreprise, lors de la demande d'adhésion, avec la grille des cotisations du service de santé au travail interentreprises et un document détaillant les contreparties individualisées de l'adhésion.

Dans les six mois suivant l'adhésion, l'employeur adresse au président du service de santé au travail un document précisant le nombre et la catégorie des salariés à suivre et les risques professionnels auxquels ils sont exposés. Ce document est établi après avis du ou des médecins du travail intervenant dans l'entreprise. Il est ensuite soumis au comité d'entreprise.

L'employeur adresse au service de santé au travail un document précisant le nombre et la catégorie des travailleurs à suivre et les risques professionnels auxquels ils sont exposés, notamment les risques mentionnés à l'article R. 4624-23, qui permettent au travailleur de bénéficier d'un suivi individuel renforcé de son état de santé. Ce document est établi en cohérence avec l'évaluation des risques prévue à l'article L. 4121-3 et le recensement des postes exposés à des facteurs de risques prévu à l'article R. 4624-46 après avis du ou des médecins du travail concernés ainsi que du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail ou, à défaut, des délégués du personnel s'ils existent. Ce document est mis à jour chaque année selon les mêmes modalités. Il est tenu à disposition du directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi.

Article D. 4622-23 : La cessation de l'adhésion à un service de santé au travail interentreprises est décidée par l'employeur, sauf opposition du comité d'entreprise comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail préalablement consulté. L'opposition est motivée.

En cas d'opposition, la décision de l'employeur est subordonnée à l'autorisation du directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi qui se prononce après avis du médecin inspecteur du travail.

En l'absence d'opposition, l'employeur informe le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de sa décision.

SOUS-SECTION 2 : COMMISSION MEDICO-TECHNIQUE

Article D. 4622-28 : La commission médico-technique prévue à l'article L. 4622-13 élabore le projet pluriannuel de service. Elle est informée de la mise en œuvre des priorités du service et des actions à caractère pluridisciplinaire.

  Elle est en outre consultée sur les questions relatives :

  1° A la mise en œuvre des compétences pluridisciplinaires au sein du service de santé au travail ;

  2° A l'équipement du service ;

  3° A l'organisation des actions en milieu de travail ,des examens médicaux et des entretiens infirmiers et du  suivi de l'état de santé des travailleurs ;

  3° bis A l'élaboration et à la mise en œuvre des protocoles prévus à l'article R. 4623-14 ;

  4° A l'organisation d'enquêtes et de campagnes ;

  5° Aux modalités de participation à la veille sanitaire.

  Elle peut également être consultée sur toute question relevant de sa compétence.

CHAPITRE III : PERSONNELS CONCOURANT AUX SERVICES DE SANTE AU TRAVAIL

SECTION 1 : MEDECIN DU TRAVAIL

SOUS-SECTION 1 : MISSIONS DU MEDECIN DU TRAVAIL

Article R. 4623-1 : Le médecin du travail est le conseiller de l'employeur, des travailleurs, des représentants du personnel et des services sociaux, notamment sur : . Dans le champ de ses missions :

1° Il participe à la prévention des risques professionnels et à la protection de la santé des travailleurs, notamment par :

a) L'amélioration des conditions de vie et de travail dans l'entreprise ;

b) L'adaptation des postes, des techniques et des rythmes de travail à la santé physique et mentale, notamment en vue de préserver le maintien dans l'emploi des salariés ;

c) La protection des travailleurs contre l'ensemble des nuisances, notamment contre les risques d'accidents du travail ou d'exposition à des agents chimiques dangereux ;

d) L'amélioration de l'hygiène générale de l'établissement et l'hygiène dans les services de restauration ;

e) La prévention et l'éducation sanitaires dans le cadre de l'établissement en rapport avec l'activité professionnelle ;

f) La construction ou les aménagements nouveaux ;

g) Les modifications apportées aux équipements ;

h) La mise en place ou la modification de l'organisation du travail de nuit ;

i) L'accompagnement en cas de réorganisation importante de l'entreprise ;

2° Il conseille l'employeur, notamment en participant à l'évaluation des risques dans le cadre de l'élaboration de la fiche d'entreprise et dans le cadre de son action sur le milieu de travail, réalisées, conformément à sa mission définie à l'article L. 4622-3, au service de la prévention et du maintien dans l'emploi des travailleurs, qu'il conduit avec les autres membres de l'équipe pluridisciplinaire, qu'il anime et coordonne ;

3° Il décide du suivi individuel de l'état de santé des travailleurs, qui a une vocation exclusivement préventive et qu'il réalise avec les personnels de santé mentionnés au premier alinéa de l'article
L. 4624-1, qui exercent dans le cadre de protocoles et sous son autorité ;

4° Il contribue à la veille épidémiologique et à la traçabilité.

Dans les services de santé au travail interentreprises, l'équipe pluridisciplinaire et, le cas échéant, le service social du travail, se coordonnent avec le service social du travail de l'entreprise.

SECTION 5 : PERSONNEL INFIRMIER

Article R. 4623-34 : En présence d'un médecin du travail dans l'entreprise, il assure ses missions en coopération avec ce dernier. Lorsque le médecin du travail du service de santé au travail interentreprises intervient dans l'entreprise, il lui apporte son concours. L'équipe pluridisciplinaire se coordonne avec lui. L'infirmier assure ses missions de santé au travail sous l'autorité du médecin du travail de l'entreprise dans le cadre de protocoles écrits ou sous celle du médecin du service de santé interentreprises intervenant dans l'entreprise, dans le cadre de protocoles écrits. L'équipe pluridisciplinaire se coordonne avec l'infirmier de l'entreprise.

CHAPITRE IV : ACTIONS ET MOYENS DES MEMBRES DES EQUIPES PLURIDISCIPLINAIRES DE SANTE AU TRAVAIL

Article L. 4624-1 : Le médecin du travail est habilité à proposer des mesures individuelles telles que mutations ou transformations de postes, justifiées par des considérations relatives notamment à l'âge, à la résistance physique ou à l'état de santé physique et mentale des travailleurs. Il peut proposer à l'employeur l'appui de l'équipe pluridisciplinaire du service de santé au travail ou celui d'un organisme compétent en matière de maintien dans l'emploi.

L'employeur est tenu de prendre en considération ces propositions et, en cas de refus, de faire connaître les motifs qui s'opposent à ce qu'il y soit donné suite.

En cas de difficulté ou de désaccord, l'employeur ou le salarié peut exercer un recours devant l'inspecteur du travail. Il en informe l'autre partie. L'inspecteur du travail prend sa décision après avis du médecin inspecteur du travail.

Le rapport annuel d'activité, établi par le médecin du travail, pour les entreprises dont il a la charge, comporte des données selon le sexe. Un arrêté du ministre chargé du travail fixe les modèles de rapport annuel d'activité du médecin du travail et de synthèse annuelle de l'activité du service de santé au travail.

Tout travailleur bénéficie, au titre de la surveillance de l'état de santé des travailleurs prévue à l'article L. 4622-2, d'un suivi individuel de son état de santé assuré par le médecin du travail et, sous l'autorité de celui-ci, par le collaborateur médecin mentionné à l'article L. 4623-1, l'interne en médecine du travail et l'infirmier.

Ce suivi comprend une visite d'information et de prévention effectuée après l'embauche par l'un des professionnels de santé mentionnés au premier alinéa du présent article. Cette visite donne lieu à la délivrance d'une attestation. Un décret en Conseil d'État fixe le délai de cette visite. Le modèle de l'attestation est défini par arrêté.

Le professionnel de santé qui réalise la visite d'information et de prévention peut orienter le travailleur sans délai vers le médecin du travail, dans le respect du protocole élaboré par ce dernier.

Les modalités et la périodicité de ce suivi prennent en compte les conditions de travail, l'état de santé et l'âge du travailleur, ainsi que les risques professionnels auxquels il est exposé.

Tout travailleur qui déclare, lors de la visite d'information et de prévention, être considéré comme travailleur handicapé au sens de l'article L. 5213-1 du présent code et être reconnu par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles, ainsi que tout travailleur qui déclare être titulaire d'une pension d'invalidité attribuée au titre du régime général de sécurité sociale ou de tout autre régime de protection sociale obligatoire, est orienté sans délai vers le médecin du travail et bénéficie d'un suivi individuel adapté de son état de santé.

Tout salarié peut, lorsqu'il anticipe un risque d'inaptitude, solliciter une visite médicale dans l'objectif d'engager une démarche de maintien dans l'emploi.

Tout travailleur de nuit bénéficie d'un suivi individuel régulier de son état de santé. La périodicité de ce suivi est fixée par le médecin du travail en fonction des particularités du poste occupé et des caractéristiques du travailleur, selon des modalités déterminées par décret en Conseil d'État.

Le rapport annuel d'activité, établi par le médecin du travail, pour les entreprises dont il a la charge, comporte des données présentées par sexe. Un arrêté du ministre chargé du travail fixe les modèles de rapport annuel d'activité du médecin du travail et de synthèse annuelle de l'activité du service de santé au travail.

Article L. 4624-2 : I.- Tout travailleur affecté à un poste présentant des risques particuliers pour sa santé ou sa sécurité ou pour celles de ses collègues ou des tiers évoluant dans l'environnement immédiat de travail bénéficie d'un suivi individuel renforcé de son état de santé. Ce suivi comprend notamment un examen médical d'aptitude, qui se substitue à la visite d'information et de prévention prévue à l'article L. 4624-1.

II.- L'examen médical d'aptitude permet de s'assurer de la compatibilité de l'état de santé du travailleur avec le poste auquel il est affecté, afin de prévenir tout risque grave d'atteinte à sa santé ou à sa sécurité ou à celles de ses collègues ou des tiers évoluant dans l'environnement immédiat de travail. Il est réalisé avant l'embauche et renouvelé périodiquement. Il est effectué par le médecin du travail, sauf lorsque des dispositions spécifiques le confient à un autre médecin.

Article L. 4624-3 : Le médecin du travail peut proposer, par écrit et après échange avec le salarié et l'employeur, des mesures individuelles d'aménagement, d'adaptation ou de transformation du poste de travail ou des mesures d'aménagement du temps de travail justifiées par des considérations relatives notamment à l'âge ou à l'état de santé physique et mental du travailleur.

Article L. 4624-4 : Après avoir procédé ou fait procéder par un membre de l'équipe pluridisciplinaire à une étude de poste et après avoir échangé avec le salarié et l'employeur, le médecin du travail qui constate qu'aucune mesure d'aménagement, d'adaptation ou de transformation du poste de travail occupé n'est possible et que l'état de santé du travailleur justifie un changement de poste déclare le travailleur inapte à son poste de travail. L'avis d'inaptitude rendu par le médecin du travail est éclairé par des conclusions écrites, assorties d'indications relatives au reclassement du travailleur.

Article L. 4624-5 : Pour l'application des articles L. 4624-3 et L. 4624-4, le médecin du travail reçoit le salarié, afin d'échanger sur l'avis et les indications ou les propositions qu'il pourrait adresser à l'employeur.

Le médecin du travail peut proposer à l'employeur l'appui de l'équipe pluridisciplinaire ou celui d'un organisme compétent en matière de maintien en emploi pour mettre en œuvre son avis et ses indications ou ses propositions.

Article L. 4624-6 (nouveau) : L'employeur est tenu de prendre en considération l'avis et les indications ou les propositions émis par le médecin du travail en application des articles L. 4624-2 à L. 4624-4. En cas de refus, l'employeur fait connaître par écrit au travailleur et au médecin du travail les motifs qui s'opposent à ce qu'il y soit donné suite.

Article L. 4624-7 (nouveau) : I.- Si le salarié ou l'employeur conteste les éléments de nature médicale justifiant les avis, propositions, conclusions écrites ou indications émis par le médecin du travail en application des articles L. 4624-2, L. 4624-3 et L. 4624-4, il peut saisir le conseil de prud'hommes d'une demande de désignation d'un médecin-expert inscrit sur la liste des experts près la cour d'appel. L'affaire est directement portée devant la formation de référé. Le demandeur en informe le médecin du travail.

II.- Le médecin-expert peut demander au médecin du travail la communication du dossier médical en santé au travail du salarié prévu à l'article L. 4624-8, sans que puisse lui être opposé l'article 226-13 du code pénal.

II.- La formation de référé ou, le cas échéant, le conseil de prud'hommes saisi au fond peut en outre charger le médecin inspecteur du travail d'une consultation relative à la contestation, dans les conditions prévues aux articles 256 à 258 du code de procédure civile.

IV.- La formation de référé peut décider de ne pas mettre les frais d'expertise à la charge de la partie perdante, dès lors que l'action en justice n'est pas dilatoire ou abusive.

L’ancien article L. 4624-2 devient l’article L. 4624-8 et comporte la modification suivante : Un dossier médical en santé au travail, constitué par le médecin du travail, retrace dans le respect du secret médical les informations relatives à l'état de santé du travailleur, aux expositions auxquelles il a été soumis ainsi que les avis et propositions du médecin du travail, notamment celles formulées en application de l'article L. 4624-1 des articles L. 4624-3 et L. 4624-4. (…)

L’ancien article L. 4624-3 devient l’article L. 4624-9 (sans modification du texte).

L’ancien article L. 4624-4 est abrogé : Les salariés affectés à des postes présentant des risques particuliers pour leur santé ou leur sécurité, celles de leurs collègues ou de tiers et les salariés dont la situation personnelle le justifie bénéficient d'une surveillance médicale spécifique. Les modalités d'identification de ces salariés et les modalités de la surveillance médicale spécifique sont déterminées par décret en Conseil d'État.

L’ancien article L. 4624-5 devient l’article L. 4624-10 avec l’ajout suivant : Des décrets en Conseil d'État précisent les modalités d'action des personnels concourant aux services de santé au travail ainsi que les conditions d'application du présent chapitre, notamment les modalités du suivi individuel prévu à l'article L. 4624-1, les modalités d'identification des travailleurs mentionnés à l'article L. 4624-2 et les modalités du suivi individuel renforcé dont ils bénéficient.

SECTION 1 : ACTIONS EN MILIEU DE TRAVAIL

Article R. 4624-3 : Le médecin du travail a Les professionnels de santé de l'équipe pluridisciplinaire ont libre accès aux lieux de travail, sous l'autorité du médecin du travail.

Il y réalise des visites soit à son initiative, soit à la demande de l'employeur ou du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail ou, à défaut, des délégués du personnel.

Article R. 4624-4 : L'employeur ou le président du service interentreprises prend toutes mesures pour permettre au médecin du travail de consacrer à ses missions en milieu de travail le tiers de son temps de travail, dans le cadre des actions mentionnées à l'article R. 4624-1.

Ce temps est également consacré par le médecin du travail à sa mission d'animation et de coordination de l'équipe pluridisciplinaire en santé au travail.

SECTION II : LE SUIVI INDIVIDUEL DE L’ETAT DE SANTE DU SALARIE DU TRAVAILLEUR

SOUS-SECTION 1 : EXAMEN D’EMBAUCHE DISPOSITIONS RELATIVES AU SUIVI DE L’ETAT DE SANTE DES TRAVAILLEURS

Paragraphe 1 : Visite d’information et de prévention

Article R. 4624-10 : Le salarié bénéficie d’un examen médical avant l’embauche ou au plus tard avant l’expiration de la période d’essai par le médecin du travail.

Les salariés soumis à une surveillance médicale renforcée en application des dispositions de l’article R.4624-18 ainsi que ceux qui exercent l’une des fonctions mentionnées à l’article L.6511-1 du code des transports bénéficient de cet examen avant leur embauche. Tout travailleur bénéficie d'une visite d'information et de prévention, réalisée par l'un des professionnels de santé mentionnés au premier alinéa de l'article L. 4624-1 dans un délai qui n'excède pas trois mois à compter de la prise effective du poste de travail.

Article R. 4624-11 : L'examen médical d'embauche a pour finalité :

1° De s'assurer que le salarié est médicalement apte au poste de travail auquel l'employeur envisage de l'affecter ;

2° De proposer éventuellement les adaptations du poste ou l'affectation à d'autres postes ;

3° De rechercher si le salarié n'est pas atteint d'une affection dangereuse pour les autres travailleurs ;

4° D'informer le salarié sur les risques des expositions au poste de travail et le suivi médical nécessaire ;

5° De sensibiliser le salarié sur les moyens de prévention à mettre en œuvre.

La visite d'information et de prévention dont bénéficie le travailleur est individuelle. Elle a notamment pour objet :

  1° D'interroger le salarié sur son état de santé ;

  2° De l'informer sur les risques éventuels auxquels l'expose son poste de travail ;

  3° De le sensibiliser sur les moyens de prévention à mettre en œuvre ;

  4° D'identifier si son état de santé ou les risques auxquels il est exposé nécessitent une orientation vers le médecin du travail ;

  5° De l'informer sur les modalités de suivi de son état de santé par le service et sur la possibilité dont il dispose, à tout moment, de bénéficier d'une visite à sa demande avec le médecin du travail.

Article R. 4624-46 : Au moment de la visite d'embauche, le médecin du travail constitue le dossier médical en santé au travail prévu par l'article L. 4624-2. Le dossier médical et les modalités de sa consultation par le salarié sont déterminés par cet article.

Article R. 4624-12 : Lors de cette visite, un dossier médical en santé au travail est ouvert par le professionnel de santé du service de santé au travail mentionné au premier alinéa de l'article
L. 4624-1, sous l'autorité du médecin du travail dans les conditions prévues à l'article L. 4624-8.

Article R. 4624-13 : A l'issue de toute visite d'information et de prévention, si elle n'a pas été réalisée par le médecin du travail, le professionnel de santé qui a effectué cette visite peut, s'il l'estime nécessaire, orienter sans délai le travailleur vers le médecin du travail dans le respect du protocole prévu au troisième alinéa de l'article L. 4624-1. Cette nouvelle visite, effectuée par le médecin du travail, a notamment pour objet de proposer, si elles sont nécessaires, des adaptations du poste ou l'affectation à d'autres postes.

Article R. 4624-47 : A l'issue de chacun des examens médicaux prévus à la section 2 à l'exception de l'examen de préreprise mentionné à l'article R. 4624-20, le médecin du travail établit une fiche médicale d'aptitude en double exemplaire. Il en remet un exemplaire au salarié et transmet l'autre à l'employeur par tout moyen leur conférant une date certaine, qui le conserve pour être présenté à tout moment, sur leur demande, à l'inspecteur du travail et au médecin inspecteur du travail. Lorsque le médecin du travail constate que l'inaptitude du salarié est susceptible d'être en lien avec un accident ou une maladie d'origine professionnelle, il remet à ce dernier le formulaire de demande prévu à l'article D. 433-3 du code de la sécurité sociale.

Article R. 4624-14 : Le professionnel de santé délivre une attestation de suivi au travailleur et à l'employeur à l'issue de toute visite d'information et de prévention.

L’ancien article R. 4624-14 est abrogé : Un seul examen médical d'embauche est réalisé en cas de pluralité d'employeurs, sous réserve que ceux-ci aient conclu un accord entre employeurs ou soient couverts par un accord collectif de branche prévoyant notamment les modalités de répartition de la charge financière de la surveillance médicale.

Article R. 4624-12 : Sauf si le médecin du travail l'estime nécessaire ou lorsque le salarié en fait la demande, un nouvel examen médical d'embauche n'est pas obligatoire lorsque les conditions suivantes sont réunies :

1° Le salarié est appelé à occuper un emploi identique présentant les mêmes risques d'exposition ;

2° Le médecin du travail intéressé est en possession de la fiche d'aptitude établie en application de l'article R. 4624-47 ;

3° Aucune inaptitude n'a été reconnue lors du dernier examen médical intervenu au cours :

a) Soit des vingt-quatre mois précédents lorsque le salarié est à nouveau embauché par le même employeur ;

b) Soit des douze derniers mois lorsque le salarié change d'entreprise.

Article R. 4624-13 : La dispense d'examen médical d'embauche n'est pas applicable :

1° Aux salariés bénéficiant d'une surveillance médicale intéressant certaines professions ou certains modes de travail en application du 3° de l'article L. 4111-6 ;

2° Aux salariés relevant d'une surveillance médicale renforcée en application des dispositions de l'article R. 4624-18.

Article R. 4624-15 : Lorsque le travailleur a bénéficié d'une visite d'information et de prévention dans les cinq ans ou, pour le travailleur mentionné à l'article R. 4624-17, dans les trois ans précédant son embauche, l'organisation d'une nouvelle visite d'information et de prévention n'est pas requise dès lors que l'ensemble des conditions suivantes sont réunies :

  1° Le travailleur est appelé à occuper un emploi identique présentant des risques d'exposition équivalents ;

  2° Le professionnel de santé mentionné au premier alinéa de l'article L. 4624-1 est en possession de la dernière attestation de suivi ou du dernier avis d'aptitude ;

  3° Aucune mesure formulée au titre de l'article L. 4624-3 ou aucun avis d'inaptitude rendu en application L. 4624-4 n'a été émis au cours des cinq dernières années ou, pour le travailleur mentionné à l'article R. 4624-17, au cours des trois dernières années.

SOUS-SECTION 2 : EXAMENS PERIODIQUES

Paragraphe 2 : Périodicité du suivi individuel de l’état de santé des travailleurs

Article R. 4624-16 : Le salarié bénéficie d'examens médicaux périodiques, au moins tous les vingt-quatre mois, par le médecin du travail. Ces examens médicaux ont pour finalité de s'assurer du maintien de l'aptitude médicale du salarié au poste de travail occupé et de l'informer sur les conséquences médicales des expositions au poste de travail et du suivi médical nécessaire.

Sous réserve d'assurer un suivi adéquat de la santé du salarié, l'agrément du service de santé au travail peut prévoir une périodicité excédant vingt-quatre mois lorsque sont mis en place des entretiens infirmiers et des actions pluridisciplinaires annuelles, et, lorsqu'elles existent, en tenant compte des recommandations de bonnes pratiques existantes.

Le travailleur bénéficie d'un renouvellement de la visite d'information et de prévention initiale, réalisée par un professionnel de santé mentionné au premier alinéa de l'article L. 4624-1, selon une périodicité qui ne peut excéder cinq ans. Ce délai, qui prend en compte les conditions de travail, l'âge et l'état de santé du salarié, ainsi que les risques auxquels il est exposé, est fixé par le médecin du travail dans le cadre du protocole mentionné à l'article L. 4624-1.

SOUS-SECTION 3 : SURVEILLANCE MEDICALE RENFORCEE

Paragraphe 3 : Adaptation du suivi individuel de l’état de santé du travailleur

Article R. 4624-17 : Tout travailleur dont l'état de santé, l'âge, les conditions de travail ou les risques professionnels auxquels il est exposé le nécessitent, notamment les travailleurs handicapés, les travailleurs qui déclarent être titulaires d'une pension d'invalidité et les travailleurs de nuit mentionnés à l'article L. 3122-5, bénéficie, à l'issue de la visite d'information et de prévention, de modalités de suivi adaptées déterminées dans le cadre du protocole écrit prévu au troisième alinéa de l'article L. 4624-1, selon une périodicité qui n'excède pas une durée de trois ans.

Article R. 4624-18 : Tout travailleur de nuit mentionné à l'article L. 3122-5 et tout travailleur âgé de moins de dix-huit ans bénéficie d'une visite d'information et de prévention réalisée par un professionnel de santé mentionné au premier alinéa de l'article L. 4624-1 préalablement à son affectation sur le poste.

Article R. 4624-19 : Toute femme enceinte, venant d'accoucher ou allaitante est, à l'issue de la visite d'information et de prévention, ou, à tout moment si elle le souhaite, orientée sans délai vers le médecin du travail dans le respect du protocole mentionné à l'article L. 4624-1. Cette nouvelle visite, effectuée par le médecin du travail, a notamment pour objet de proposer, si elles sont nécessaires, des adaptations du poste ou l'affectation à d'autres postes.

SOUS-SECTION 4 : EXAMENS DE PRE-REPRISE ET DE REPRISE DU TRAVAIL

Article R. 4624-20 : Lors de la visite d'information et de prévention, tout travailleur handicapé ou qui déclare être titulaire d'une pension d'invalidité mentionné au cinquième alinéa de l'article
L. 4624-1 est orienté sans délai vers le médecin du travail, qui peut préconiser des adaptations de son poste de travail. Le médecin du travail, dans le cadre du protocole mentionné à l'article
L. 4624-1, détermine la périodicité et les modalités du suivi de son état de santé qui peut être réalisé par un professionnel de santé mentionné au premier alinéa de l'article L. 4624-1.

Article R. 4624-21 : Si le médecin du travail est informé et constate que le travailleur est affecté à un poste présentant des risques particuliers pour sa santé ou sa sécurité ou pour celles de ses collègues ou des tiers évoluant dans l'environnement immédiat de travail défini à l'article
R. 4624-23, le travailleur bénéficie sans délai des modalités de suivi individuel renforcé prévues à la sous-section 2.

SOUS-SECTION 2 : SUIVI INDIVIDUEL RENFORCE DE L’ETAT DE SANTE DES TRAVAILLEURS

Article R. 4624-22 : Tout travailleur affecté à un poste présentant des risques particuliers pour sa santé ou sa sécurité ou pour celles de ses collègues ou des tiers évoluant dans l'environnement immédiat de travail défini à l'article R. 4624-23 bénéficie d'un suivi individuel renforcé de son état de santé selon des modalités définies par la présente sous-section.

Paragraphe 1 : Définition des postes à risque

Article R. 4624-18 : Bénéficient d'une surveillance médicale renforcée :

1° Les travailleurs âgés de moins de dix-huit ans ;

2° Les femmes enceintes ;

3° Les salariés exposés :

a) A l'amiante ;

b) Aux rayonnements ionisants ;

c) Au plomb dans les conditions prévues à l'article R. 4412-160 ;

d) Au risque hyperbare ;

e) Au bruit dans les conditions prévues au 2° de l'article R. 4434-7 ;

f) Aux vibrations dans les conditions prévues à l'article R. 4443-2 ;

g) Aux agents biologiques des groupes 3 et 4 ;

h) Aux agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction mentionnés à l'article R. 4412-60 ;

4° Les travailleurs handicapés.

Article R. 4624-23 : I. - Les postes présentant des risques particuliers mentionnés au premier alinéa de l'article L. 4624-2 sont ceux exposant les travailleurs :

  1° A l'amiante ;

  2° Au plomb dans les conditions prévues à l'article R. 4412-160 ;

  3° Aux agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction mentionnés à l'article
R. 4412-60 ;

  4° Aux agents biologiques des groupes 3 et 4 mentionnés à l'article R. 4421-3 ;

  5° Aux rayonnements ionisants ;

  6° Au risque hyperbare ;

  7° Au risque de chute de hauteur lors des opérations de montage et de démontage d'échafaudages.

  II. - Présente également des risques particuliers tout poste pour lequel l'affectation sur celui-ci est conditionnée à un examen d'aptitude spécifique prévu par le présent code.

  III. - S’il le juge nécessaire, l'employeur complète la liste des postes entrant dans les catégories mentionnées au I. par des postes présentant des risques particuliers pour la santé ou la sécurité du travailleur ou pour celles de ses collègues ou des tiers évoluant dans l'environnement immédiat de travail mentionnés au premier alinéa de l'article L. 4624-2, après avis du ou des médecins concernés et du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail ou, à défaut, des délégués du personnel s'ils existent, en cohérence avec l'évaluation des risques prévue à l'article L. 4121-3 et, le cas échéant, la fiche d'entreprise prévue à l'article R. 4624-46. Cette liste est transmise au service de santé au travail, tenue à disposition du directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi et des services de prévention des organismes de sécurité sociale et mise à jour tous les ans. L'employeur motive par écrit l'inscription de tout poste sur cette liste.

  IV. - Le Conseil d'orientation des conditions de travail est consulté tous les trois ans sur la mise à jour éventuelle de la liste mentionnée au I du présent article.

Paragraphe 2 : Examen médical d’aptitude à l’embauche

Article R. 4624-24 : Le suivi individuel renforcé comprend un examen médical d'aptitude, qui se substitue à la visite d'information et de prévention prévue à l'article R. 4624-10. Il est effectué par le médecin du travail préalablement à l'affectation sur le poste.

  Cet examen a notamment pour objet :

  1° De s'assurer que le travailleur est médicalement apte au poste de travail auquel l'employeur envisage de l'affecter, notamment en vérifiant la compatibilité du poste avec l'état de santé du travailleur qui y est affecté, afin de prévenir tout risque grave d'atteinte à sa santé ou à sa sécurité ou à celles de ses collègues ou des tiers évoluant dans l'environnement immédiat de travail ;

  2° De rechercher si le travailleur n'est pas atteint d'une affection comportant un danger pour les autres travailleurs ;

  3° De proposer éventuellement les adaptations du poste ou l'affectation à d'autres postes ;

  4° D'informer le travailleur sur les risques des expositions au poste de travail et le suivi médical nécessaire ;

  5° De sensibiliser le travailleur sur les moyens de prévention à mettre en œuvre.

Sous-section 5 : Examens complémentaires

Article R. 4624-25 : Cet examen ainsi que son renouvellement donnent lieu à la délivrance par le médecin du travail d'un avis d'aptitude ou d'inaptitude rendu conformément aux dispositions de l'article L. 4624-4. Cet avis d'aptitude ou d'inaptitude est transmis au travailleur et à l'employeur et versé au dossier médical en santé au travail de l'intéressé.

Article R. 4624-26 : Lors de cette visite, un dossier médical en santé au travail est constitué par le médecin du travail dans les conditions prévues à l'article L. 4624-8.

Article R. 4624-27 : Lorsque le travailleur a bénéficié d'une visite médicale d'aptitude dans les deux ans précédant son embauche, l'organisation d'un nouvel examen médical d'aptitude n'est pas requise dès lors que l'ensemble des conditions suivantes sont réunies :

  1° Le travailleur est appelé à occuper un emploi identique présentant des risques d'exposition équivalents ;

  2° Le médecin du travail intéressé est en possession du dernier avis d'aptitude du travailleur ;

  3° Aucune mesure formulée au titre de l'article L. 4624-3 ou aucun avis d'inaptitude rendu en application L. 4624-4 n'a été émis au cours des deux dernières années.

Sous-section 6 : Déroulement des examens médicaux

Paragraphe 3 : Périodicité du suivi individuel renforcé

Article R. 4624-19 : Sous réserve de la périodicité des examens prévue aux articles R. 4624-16 et R. 4451-84, le médecin du travail est juge des modalités de la surveillance médicale renforcée, en tenant compte des recommandations de bonnes pratiques existantes.

Cette surveillance comprend au moins un ou des examens de nature médicale selon une périodicité n'excédant pas vingt-quatre mois.

Article R. 4624-28 : Tout travailleur affecté à un poste présentant des risques particuliers pour sa santé ou sa sécurité ou pour celles de ses collègues ou des tiers évoluant dans l'environnement immédiat de travail, tels que définis à l'article R. 4624-23, bénéficie, à l'issue de l'examen médical d'embauche, d'un renouvellement de cette visite, effectuée par le médecin du travail selon une périodicité qu'il détermine et qui ne peut être supérieure à quatre ans. Une visite intermédiaire est effectuée par un professionnel de santé mentionné au premier alinéa de l'article L. 4624-1 au plus tard deux ans après la visite avec le médecin du travail.

SOUS-SECTION 3 : VISITES DE PREREPRISE ET DE REPRISE DU TRAVAIL

L’article R. 4624-20 devient R. 4624-29, avec les modifications suivantes : En vue de favoriser le maintien dans l'emploi des salariés travailleurs en arrêt de travail d'une durée de plus de trois mois, une visite de préreprise est organisée par le médecin du travail à l'initiative du médecin traitant, du médecin conseil des organismes de sécurité sociale ou du salarié travailleur.

L’article R. 4624-21 devient R. 4624-30, avec les modifications suivantes : Au cours de l'examen de préreprise, le médecin du travail peut recommander :

1° Des aménagements et adaptations du poste de travail ;

2° Des préconisations de reclassement ;

3° Des formations professionnelles à organiser en vue de faciliter le reclassement du salarié travailleur ou sa réorientation professionnelle.

A cet effet, il s'appuie en tant que de besoin sur le service social du travail du service de santé au travail interentreprises ou sur celui de l'entreprise.

Sauf opposition du salarié, il informe l'employeur et le médecin conseil de ces recommandations afin que toutes les mesures soient mises en œuvre en vue de favoriser le maintien dans l'emploi du salarié.

Il informe, sauf si le travailleur s'y oppose, l'employeur et le médecin conseil de ces recommandations afin que toutes les mesures soient mises en œuvre en vue de favoriser le maintien dans l'emploi du travailleur.

Sous-section 7 : Déclaration d’inaptitude

L’article R. 4624-22 devient R. 4624-31, avec les modifications suivantes : Le salarié travailleur bénéficie d'un examen de reprise du travail par le médecin du travail :

1° Après un congé de maternité ;

2° Après une absence pour cause de maladie professionnelle ;

3° Après une absence d'au moins trente jours pour cause d'accident du travail, de maladie ou d'accident non professionnel.

Dès que l'employeur a connaissance de la date de la fin de l'arrêt de travail, il saisit le service de santé au travail qui organise l'examen de reprise le jour de la reprise effective du travail par le travailleur, et au plus tard dans un délai de huit jours qui suivent cette reprise.

Article R. 4624-23 : L'examen de reprise a pour objet :

1° De délivrer l'avis d'aptitude médicale du salarié à reprendre son poste ;

2° De préconiser l'aménagement, l'adaptation du poste ou le reclassement du salarié ;

3° D'examiner les propositions d'aménagement, d'adaptation du poste ou de reclassement faites par l'employeur à la suite des préconisations émises par le médecin du travail lors de la visite de préreprise.

Dès que l'employeur a connaissance de la date de la fin de l'arrêt de travail, il saisit le service de santé au travail qui organise l'examen de reprise dans un délai de huit jours à compter de la reprise du travail par le salarié.

Article R. 4624-32 : L'examen de reprise a pour objet :

  1° De vérifier si le poste de travail que doit reprendre le travailleur ou le poste de reclassement auquel il doit être affecté est compatible avec son état de santé ;

  2° D'examiner les propositions d'aménagement ou d'adaptation du poste repris par le travailleur ou de reclassement faites par l'employeur à la suite des préconisations émises le cas échéant par le médecin du travail lors de la visite de préreprise ;

  3° De préconiser l'aménagement, l'adaptation du poste ou le reclassement du travailleur ;

  4° D'émettre, le cas échéant, un avis d'inaptitude.

L’article R. 4624-24 devient R. 4624-33, avec les modifications suivantes : Le médecin du travail est informé par l'employeur de tout arrêt de travail d'une durée inférieure à trente jours pour cause d'accident du travail afin de pouvoir apprécier, notamment, l'opportunité d'un nouvel examen médical et, avec l'équipe pluridisciplinaire, de préconiser des mesures de prévention des risques professionnels.

Sous-section 8 : Contestation des avis médicaux d’aptitude ou d’inaptitude

SOUS-SECTION 4 : VISITES A LA DEMANDE DE L’EMPLOYEUR, DU TRAVAILLEUR OU DU MEDECIN DU TRAVAIL

Article R. 4624-17 : Indépendamment des examens périodiques, le salarié bénéficie d'un examen par le médecin du travail à la demande de l'employeur ou à sa demande.

La demande du salarié ne peut motiver aucune sanction.

Article R. 4624-34 : Indépendamment des examens d'aptitude à l'embauche et périodiques ainsi que des visites d'information et de prévention, le travailleur bénéficie, à sa demande ou à celle de l'employeur, d'un examen par le médecin du travail.

  Le travailleur peut solliciter notamment une visite médicale, lorsqu'il anticipe un risque d'inaptitude, dans l'objectif d'engager une démarche de maintien en emploi et de bénéficier d'un accompagnement personnalisé.

  La demande du travailleur ne peut motiver aucune sanction.

  Le médecin du travail peut également organiser une visite médicale pour tout travailleur le nécessitant.

SOUS-SECTION 5 : EXAMENS COMPLEMENTAIRES

Article R. 4624-25 : Le médecin du travail peut prescrire les examens complémentaires nécessaires :

1° A la détermination de l'aptitude médicale du salarié au poste de travail, notamment au dépistage des affections comportant une contre-indication à ce poste de travail ;

2° Au dépistage d'une maladie professionnelle ou à caractère professionnel susceptible de résulter de l'activité professionnelle du salarié ;

3° Au dépistage des maladies dangereuses pour l'entourage du salarié.

Article R. 4624-35 : Le médecin du travail peut réaliser ou prescrire les examens complémentaires nécessaires :

  1° A la détermination de la compatibilité entre le poste de travail et l'état de santé du travailleur, notamment au dépistage des affections pouvant entraîner une contre-indication à ce poste de travail ;

  2° Au dépistage d'une maladie professionnelle ou à caractère professionnel susceptible de résulter de l'activité professionnelle du travailleur ;

  3° Au dépistage des maladies dangereuses pour l'entourage professionnel du travailleur.

L’article R. 4624-26 devient R. 4624-36, avec les modifications suivantes : Les examens complémentaires sont à la charge de l'employeur lorsqu'il dispose d'un service autonome de santé au travail et du service de santé au travail interentreprises dans les autres cas. Le médecin du travail réalise ou fait réaliser ces examens au sein du service de santé au travail, ou choisit l'organisme chargé de pratiquer les examens.

Ils Ces derniers sont réalisés dans des conditions garantissant le respect de leur anonymat.

Article R. 4624-37 : Dans le cadre du suivi des travailleurs de nuit, le médecin du travail peut prescrire, s'il le juge utile, des examens spécialisés complémentaires, qui sont à la charge de l'employeur.

L’article R. 4624-27 devient R. 4624-38 : En cas de désaccord entre l'employeur et le médecin du travail sur la nature et la fréquence de ces examens, la décision est prise par le médecin inspecteur du travail.

SOUS-SECTION 6 : DEROULEMENT DES VISITES ET DES EXAMENS MEDICAUX

L’article R. 4624-28 devient R. 4624-39, avec les modifications suivantes : Le temps nécessité par les visites et les examens médicaux, y compris les examens complémentaires, est soit pris sur les heures de travail des salariés travailleurs sans qu'aucune retenue de salaire puisse être opérée, soit rémunéré comme temps de travail normal effectif lorsque ces examens ne peuvent avoir lieu pendant les heures de travail.

Le temps et les frais de transport nécessités par ces visites et ces examens sont pris en charge par l'employeur.

Article R. 4624-40 : Dans les établissements de 200 travailleurs et plus, le suivi individuel peut être réalisé dans l'établissement.

L’article R. 4624-30 devient R. 4624-41, avec les modifications suivantes : Un arrêté du ministre chargé du travail détermine les caractéristiques auxquelles répondent les centres de visites et d'examens médicaux fixes ou mobiles et leurs équipements, en fonction de l'importance du service de santé au travail. Cet arrêté précise le matériel minimum nécessaire au médecin du travail, au collaborateur médecin, à l'interne ou à l'infirmier pour l'exercice de ses leurs missions.

SOUS-SECTION 7 : DECLARATION D'INAPTITUDE

Article R. 4624-31 : Le médecin du travail ne peut constater l'inaptitude médicale du salarié à son poste de travail que s'il a réalisé :

1° Une étude de ce poste ;

2° Une étude des conditions de travail dans l'entreprise ;

3° Deux examens médicaux de l'intéressé espacés de deux semaines, accompagnés, le cas échéant, des examens complémentaires.

Lorsque le maintien du salarié à son poste de travail entraîne un danger immédiat pour sa santé ou sa sécurité ou celles des tiers ou lorsqu'un examen de préreprise a eu lieu dans un délai de trente jours au plus, l'avis d'inaptitude médicale peut être délivré en un seul examen.

Article R. 4624-42 : Le médecin du travail ne peut constater l'inaptitude médicale du travailleur à son poste de travail que :

  1° S'il a réalisé au moins un examen médical de l'intéressé, accompagné, le cas échéant, des examens complémentaires, permettant un échange sur les mesures d'aménagement, d'adaptation ou de mutation de poste ou la nécessité de proposer un changement de poste ;

  2° S'il a réalisé ou fait réaliser une étude de ce poste ;

  3° S'il a réalisé ou fait réaliser une étude des conditions de travail dans l'établissement et indiqué la date à laquelle la fiche d'entreprise a été actualisée ;

  4° S'il a procédé à un échange, par tout moyen, avec l'employeur.

Ces échanges avec l'employeur et le travailleur permettent à ceux-ci de faire valoir leurs observations sur les avis et les propositions que le médecin du travail entend adresser.

S'il estime un second examen nécessaire pour rassembler les éléments permettant de motiver sa décision, le médecin réalise ce second examen dans un délai qui n'excède pas quinze jours après le premier examen. La notification de l'avis médical d'inaptitude intervient au plus tard à cette date.

Le médecin du travail peut mentionner dans cet avis que tout maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que l'état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans un emploi.

L’article R. 4624-32 devient R. 4624-43 : Avant d'émettre son avis, le médecin du travail peut consulter le médecin inspecteur du travail.

L’article R. 4624-33 devient R. 4624-44, avec les modifications suivantes : Les motifs de l'avis du médecin du travail sont consignés dans le dossier médical en santé au travail du salarié travailleur.

SOUS-SECTION 8 : CONTESTATION DES AVIS MEDICAUX D’APTITUDE OU D’INAPTITUDE ET MESURES EMIS PAR LE MEDECIN DU TRAVAIL

Article R. 4624-34 : L'avis médical d'aptitude ou d'inaptitude mentionne les délais et voies de recours.

Article R. 4624-35 : En cas de contestation de cet avis médical par le salarié ou l'employeur, le recours est adressé dans un délai de deux mois, par tout moyen permettant de leur conférer une date certaine, à l'inspecteur du travail dont relève l'établissement qui emploie le salarié. La demande énonce les motifs de la contestation.

Article R. 4624-36 : La décision de l'inspecteur du travail peut être contestée dans un délai de deux mois devant le ministre chargé du travail.

Article R. 4624-45 : En cas de contestation des éléments de nature médicale justifiant les avis, propositions, conclusions écrites ou indications émis  par le médecin du travail mentionnés à l’article L. 4624-7, la formation de référé est saisie dans un délai de quinze jours à compter de leur notification. Les modalités de recours ainsi que ce délai sont mentionnés sur les avis et mesures émis par le médecin du travail.

Les articles relatifs à la fiche d’entreprise et au rapport annuel d’activité (R. 4624-37 à R. 4624-45) deviennent les articles R. 4624-46 à R. 4624-54, sans modification.

SOUS-SECTION 3 : AVIS MEDICAUX D’APTITUDE ET D’INAPTITUDE

Article R. 4624-55 : L'avis médical d'aptitude ou d'inaptitude émis par le médecin du travail est transmis au salarié ainsi qu'à l'employeur par tout moyen leur conférant une date certaine. L'employeur le conserve pour être en mesure de le présenter à tout moment, sur leur demande, à l'inspecteur du travail et au médecin inspecteur du travail. Une copie de l'avis est versée au dossier médical en santé au travail du travailleur.

Article R. 4624-56 : Lorsque le médecin du travail constate que l'inaptitude du salarié est susceptible d'être en lien avec un accident ou une maladie d'origine professionnelle, il remet à ce dernier le formulaire de demande prévu à l'article D. 433-3 du code de la sécurité sociale.

L’article R. 4624-49 devient R. 4624-57, avec les modifications suivantes : Le modèle d’avis de la fiche d'aptitude ou d’inaptitude est fixé par arrêté du ministre chargé du travail.

L’article R. 4624-50 devient R. 4624-58 : Le médecin du travail participe, notamment en liaison avec le médecin inspecteur du travail, à toutes recherches, études et enquêtes, en particulier à caractère épidémiologique, entrant dans le cadre de ses missions.

CHAPITRE V : SURVEILLANCE MEDICALE DE CATEGORIES PARTICULIERES DE TRAVAILLEURS                                       SUIVI DE L’ETAT DE SANTE DE CATEGORIES PARTICULIERES DE TRAVAILLEURS

Article L. 4625-1-1 (nouveau) : Un décret en Conseil d'État prévoit les adaptations des règles définies aux articles L. 4624-1 et L. 4624-2 pour les salariés temporaires et les salariés en contrat à durée déterminée.

Ces adaptations leur garantissent un suivi individuel de leur état de santé d'une périodicité équivalente à celle du suivi des salariés en contrat à durée indéterminée.

Ce décret en Conseil d'État prévoit les modalités d'information de l'employeur sur le suivi individuel de l'état de santé de son salarié et les modalités particulières d'hébergement des dossiers médicaux en santé au travail et d'échanges d'informations entre médecins du travail.

Section 1 : TRAVAILLEUR TEMPORAIRE Modalités de suivi individuel applicables aux travailleurs titulaires de contrats à durée déterminée

Article R. 4625-1 : Les dispositions des chapitres Ier à IV sont applicables aux travailleurs titulaires de contrats à durée déterminée. Ces travailleurs bénéficient d'un suivi individuel de leur état de santé d'une périodicité équivalente à celui des salariés en contrat à durée indéterminée, notamment des dispositions prévues aux articles R. 4624-15 et R. 4624-27.

Section 2 : Modalités de suivi individuel applicables aux travailleurs temporaires

SOUS-SECTION 1 : CHAMP D'APPLICATION

L’article D. 4625-1 devient R. 4625-2 : Les dispositions des chapitres Ier à IV sont applicables aux travailleurs temporaires, sous réserve des modalités particulières prévues par la présente section.

L’article D. 4625-2 devient R. 4625-3 : Pour les entreprises de travail temporaire, la demande d'agrément et de renouvellement des services de santé au travail est accompagnée d'un dossier spécifique dont les éléments sont fixés par arrêté du ministre chargé du travail.

L’ancien article D. 4625-3 est abrogé : L'agrément du service de santé au travail est notamment subordonné à la condition que ce dernier s'engage à participer au fichier commun prévu par l'article D. 4625-17.

Les articles D. 4625-4 et D. 4625-5 deviennent R. 4625-4 et R. 4625-5, sans modification.

L’article D. 4625-6 est abrogé : Le secteur réservé aux salariés temporaires n'est pas soumis à l'obligation prévue à l'article D. 4622-27 de créer au moins un centre médical fixe. Lorsque aucun centre médical fixe n'est créé, ce secteur est rattaché au centre d'un autre secteur du même service.

L’article D. 4625-7 devient R. 4625-6 : L'affectation d'un médecin du travail au secteur réservé aux travailleurs temporaires ne peut être faite à titre exclusif. Une dérogation peut être accordée après avis du médecin inspecteur du travail par le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, lorsque les caractéristiques particulières du secteur l'exigent.

SOUS-SECTION 3 : ACTION SUR LE MILIEU DE TRAVAIL

L’article R. 4625-8 devient R. 4625-7, avec les modifications suivantes : Les conditions dans lesquelles le médecin du travail et, sous son autorité, les professionnels de santé de l'entreprise de travail temporaire a ont accès aux postes de travail utilisés ou susceptibles d'être utilisés par des salariés travailleurs temporaires sont fixées entre l'entreprise utilisatrice et l'entreprise de travail temporaire, après avis des médecins du travail intéressés.

SOUS-SECTION 4 : SUIVI INDIVIDUEL DE L’ETAT DE SANTE DES TRAVAILLEURS TEMPORAIRES

Paragraphe 1 : Dispositions communes

L’ancien article R. 4625-8 est abrogé : Les conditions dans lesquelles le médecin de l'entreprise de travail temporaire a accès aux postes de travail utilisés ou susceptibles d'être utilisés par des salariés temporaires sont fixées entre l'entreprise utilisatrice et l'entreprise de travail temporaire, après avis des médecins du travail intéressés.

L’article R. 4625-9 devient R. 4625-8, avec les modifications suivantes : L'examen médical d'embauche prévu à l'article R. 4624-10 est réalisé par le médecin du travail de l'entreprise de travail temporaire.

L'examen peut avoir pour finalité de rechercher si le salarié est médicalement apte à exercer plusieurs emplois, dans la limite de trois.

Pour les travailleurs temporaires, les visites prévues par les sous-sections 1 et 2 de la section 2 du présent chapitre sont réalisées par le service de santé au travail de l'entreprise de travail temporaire. Les entreprises de travail temporaire ont également la possibilité de s'adresser, sous réserve de leur accord, aux services suivants pour faire assurer l'examen médical d'embauche réaliser ces visites :

  1° Un service interentreprises de santé au travail proche du lieu de travail du salarié temporaire, d'un autre secteur ou professionnel ;

  2° Le service autonome de l'entreprise utilisatrice auprès de laquelle est détaché le travailleur temporaire.

  Les entreprises de travail temporaire informent le médecin inspecteur régional du travail qui les suit de leur intention de recourir à cette faculté.

  Les entreprises de travail temporaire recourant à cette faculté communiquent au service de santé au travail concerné les coordonnées de leur service de médecine du travail habituel afin de faciliter l'échange d'informations entre les deux services dans le respect des obligations de confidentialité.

Les anciens articles R. 4625-10 à 12 sont abrogés et remplacés par les suivants :

Article R. 4625-9 : Si le travailleur est affecté, le cas échéant en cours de mission, à un poste à risque mentionné à l'article R. 4624-23 pour lequel il n'a pas bénéficié du suivi individuel renforcé mentionné au paragraphe 3 de la présente sous-section, l'entreprise utilisatrice organise un examen médical d'aptitude pour ce poste.

  Le médecin du travail de l'entreprise utilisatrice se prononce, le cas échéant, sur l'aptitude ou l'inaptitude du travailleur à occuper ce poste de travail.

  Le médecin du travail de l'entreprise de travail temporaire est informé du résultat de cet examen.

Paragraphe 2 : Suivi individuel de l’état de santé des travailleurs temporaires

Article R. 4625-10 : Les visites réalisées en application de la sous-section 1 de la section 2 du présent chapitre peuvent être effectuées pour plusieurs emplois, dans la limite de trois.

Article R. 4625-11 : Il n'est pas réalisé de nouvelle visite d'information et de prévention par le personnel de santé du service de santé au travail de l'entreprise de travail temporaire avant une nouvelle mission si l'ensemble des conditions suivantes sont réunies :

  1° Le personnel de santé a pris connaissance d'une attestation de suivi délivrée pour un même emploi dans les deux années précédant l'embauche ;

  2° Le travailleur est appelé à occuper un emploi identique présentant des risques d'exposition équivalents ;

  3° Aucun avis médical formulé au titre des articles L. 4624-3 ou avis d'inaptitude rendu en application L. 4624-4 n'a été émis au cours des deux dernières années.

Paragraphe 3 : Suivi individuel renforcé de l’état de santé des travailleurs temporaires

Article R. 4625-12 : Les examens médicaux d'aptitude réalisés en application de la sous-section 2 de la section 2 du présent chapitre peuvent être effectués pour plusieurs emplois, dans la limite de trois. Ils sont réalisés par le médecin du travail de l'entreprise de travail temporaire, dans les conditions mentionnées à l'article R. 4625-9.

Article R. 4625-13 : Il n'est pas réalisé de nouvel examen médical d'aptitude avant la nouvelle mission si les conditions suivantes sont réunies :

  1° Le médecin du travail a pris connaissance d'un avis d'aptitude pour un même emploi dans les deux années précédant l'embauche ;

  2° Le travailleur est appelé à occuper un emploi identique présentant des risques d'exposition équivalents ;

  3° Aucun avis médical formulé au titre des articles L. 4624-3 ou avis d'inaptitude rendu en application L. 4624-4 n'a été émis au cours des deux dernières années.

Article R. 4625-14 : Lorsqu'un décret intéressant certaines professions, certains modes de travail ou certains risques pris en application au 3° de l'article L. 4111-6 prévoit la réalisation d'examens obligatoires destinés à vérifier l'aptitude à un emploi, notamment avant l'affectation, ces examens sont réalisés par le médecin du travail de l'entreprise utilisatrice, qui se prononce sur l'aptitude ou l'inaptitude du travailleur.

SOUS-SECTION 5 : DOCUMENTS ET RAPPORTS

Les articles D. 4625-13 et D. 4625-14 deviennent R. 4625-15 et R. 4625-16, sans modification.

L’ancien article D. 4625-15 est abrogé : Pour l'établissement de la fiche d'entreprise, il n'est pas tenu compte des salariés temporaires.

SOUS-SECTION 6 : DOSSIER MEDICAL

L’article D. 4625-16 devient R. 4625-17, avec les modifications suivantes : Le médecin du travail ou, sous son autorité, les personnels de santé du service de santé au travail de l'entreprise de travail temporaire constituent et complètent et conserve le dossier médical en santé au travail prévu à l'article L. 4624-2 L. 4624-8. Le médecin du travail conserve ce dossier médical.

SOUS-SECTION 7 : COMMUNICATION D’INFORMATIONS ENTRE ENTREPRISES DE TRAVAIL TEMPORAIRE ET ENTREPRISES UTILISATRICES

Les anciens articles R. 4625-17 à 19 sont abrogés et remplacés par les suivants :

Article R. 4625-18 : Lors de la signature du contrat de mise à disposition du travailleur temporaire, l'entreprise de travail temporaire et l'entreprise utilisatrice se transmettent l'identité de leur service de santé au travail.

  L'entreprise utilisatrice indique à l'entreprise de travail temporaire si le poste de travail occupé par le travailleur présente des risques particuliers mentionné à l'article L. 4624-2.

  Les médecins du travail de l'entreprise de travail temporaire et de l'entreprise utilisatrice sont également informés.

Article R. 4625-19 : Les informations nécessaires à l'exercice des missions de médecine du travail au bénéfice des travailleurs temporaires sont communiquées par l'entreprise de travail temporaire à l'entreprise utilisatrice et aux autres entreprises de travail temporaire intéressées.

Article R. 4625-20 : Le médecin du travail de l'entreprise utilisatrice et le médecin du travail de l'entreprise de travail temporaire échangent les renseignements nécessaires à l'accomplissement de leur mission.

L’article D. 4625-20 devient R. 4625-21, sans modification : Les informations nécessaires à l'exercice des missions de médecine du travail au bénéfice des salariés temporaires sont communiquées par l'entreprise de travail temporaire à l'entreprise utilisatrice et aux autres entreprises de travail temporaire intéressées.

Article D. 4625-22 : Un examen médical d'embauche est obligatoire pour les salariés saisonniers recrutés pour une durée au moins égale à quarante-cinq jours de travail effectif affectés à des emplois présentant des risques particuliers mentionnés à l’article R 4624-23, sauf en ce qui concerne les salariés recrutés pour un emploi équivalent à ceux précédemment occupés si aucune inaptitude n'a été reconnue lors du dernier examen médical intervenu au cours des vingt-quatre mois précédents.

Pour les salariés saisonniers recrutés pour une durée inférieure à quarante-cinq jours et ceux affectés à des emplois autres que ceux présentant des risques particuliers mentionnés à l’article R 4624-23, le service de santé au travail organise des actions de formation et de prévention. Ces actions peuvent être communes à plusieurs entreprises.

Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail est consulté sur ces actions.

Les articles D. 4625-23 à 27 sont sans modification.

Article D. 4625-28 : Lors de son adhésion, l'employeur communique au service de santé au travail de proximité les informations suivantes :

  1° La liste des travailleurs concernés, dont ceux relevant d'un suivi individuel renforcé ;

  2° L'adresse du site ou des sites à suivre ;

  3° La fiche d'entreprise prévue à l'article R. 4624-37 ;

  4° Les coordonnées du service de santé au travail principal, des médecins du travail et des professionnels de santé mentionnés au premier alinéa de l'article L. 4624-1 compétents.

Article D. 4625-29 : Le service de santé au travail principal est informé, par l'employeur, dans le délai d'un mois après son adhésion au service de santé au travail de proximité :

  1° Des coordonnées du service de santé au travail de proximité ;

  2° Du nom et des coordonnées des médecins du travail et des professionnels de santé mentionnés au premier alinéa de l'article L. 4624-1 compétents ;

  3° De la liste des travailleurs suivis par le service de santé au travail de proximité, dont ceux relevant d'un suivi individuel renforcé.

Les articles D. 4625-30 à 32 sont sans modification.

Article D. 4625-33 : Le médecin du travail du service de santé au travail de proximité constitue, complète et conserve le dossier médical en santé au travail prévu à l'article L. 4624-2 L. 4624-8.

Article D. 4625-34 : En cas de contestation d'un avis émis par le médecin du travail en application de l'article
L. 4624-1 L. 4624-7, le recours est adressé à l’inspecteur du travail dont dépend au conseil de prud'hommes dans le ressort duquel se trouve l'établissement qui emploie le salarié.

Ce dernier prend sa décision après avis du médecin inspecteur du travail dans le champ de compétence géographique duquel se situe le service de santé au travail.

Le médecin inspecteur du travail saisi par le conseil de prud'hommes d'une consultation relative à la contestation est celui dont la compétence géographique couvre le service de santé au travail de proximité.

CHAPITRE VI : SERVICES DE SANTE AU TRAVAIL DES ETABLISSEMENTS DE SANTE, SOCIAUX ET MEDICO-SOCIAUX

Les articles D. 4626-1 à 35 sont sans modification.

La partie jurisprudence habituelle de la veille juridique figurera dans la prochaine veille.

Par Sylvie VOEGELE

 

L'entreprise libérée, dernier ouvrage de Tom Peters alimentant la déjà très conséquente littérature managériale anglosaxonne, se présente à la fois comme une suite des deux ouvrages précédents parus et comme une remise en question des analyses développées à cette occasion. Il n'y est plus question, en effet, d'entreprises de l'excellence où l'on encensait les immenses structures technocratiques de l'économie américaine, ni du « chaos management » prônant l'entreprise révolutionnaire. C'est un autre vocabulaire qui se fait jour au fil de ces années 90, un autre cheval de bataille qui mobilise l'auteur et préside à ce volumineux ouvrage, tout cela dans un style des plus apologétiques et narcissiques. L'entreprise des années 90 est définie comme une « adhocratie » (organisation d'experts) et ses maîtres mots sont : flexibilité, décentralisation réseau.

L'entreprise libérée ? De quoi l’entreprise peut-elle bien se libérer et comment ? C'est ce que l'auteur tente de nous raconter tout au long de ces sept cents pages, illustrant ses propos par une série de cas, tous plus romancés les uns que les autres, décrits comme les modèles organisationnels les plus modernes et les plus performants qui soient (citons parmi les plus remarquables ceux de CNN et EDS, dont les descriptions rendent hommage aux meilleurs films de science-fiction). Il s'agit d'entreprises caractérisées pour la circonstance de sociétés de services intellectuelles (ou spécialisées) et dont les caractéristiques principales sont, avant que ne soit entamée ladite réorganisation salvatrice, de procéder à un certain nombre de désorganisations telles que (pour n'en citer que les principales) la diminution de la ligne hiérarchique, une baisse substantielle des effectifs, une abolition des barrières fonctionnelles et une décentralisation radicale. L'entreprise s'éclaterait alors en une série de micro-entreprises individuelles, et ce par des connexions d'entités au sein de réseaux.Tout cela s'effectuant sans organigramme, sans définition de poste ou presque, car le chef de projet demeure une personne importante et sans objectifs annuels.

 

Le secret d'une telle entreprise réside dans un nouveau mode de management par projet où l'équipe de travail dépasse amplement le cadre local de l'entreprise par de nouvelles coopérations qui s'établissent principalement avec les clients, avec un mode de gestion traditionnellement vertical et hiérarchique, évoluant vers une structure par projet sans mode de direction formel. L'ancien modèle se verrait remplacé par une simple cohésion égalitaire composée, cela va sans dire, par des groupes de personnes pluridisciplinaires, autonomes et responsables. Pour réussir dans cet environnement en tant que chef d'entreprise, il conviendrait d'abandonner tous les anciens repères et réflexes que la société industrielle a fait acquérir, de faire donc table rase de la hiérarchie. L'axe horizontal est privilégié, le provisoire devient la norme, seule solution pour être à même de répondre au monde impitoyable d'un marché en fluidité perpétuelle. Il faut se résoudre à l'abandon du commandement autoritaire et du style directif qui caractérisaient les firmes américaines classiques. L'important, je cite l'auteur, « est de créer les conditions idéales d'une croissance luxuriante en sélectionnant les graines (au recrutement) ainsi qu' en fertilisant et en arrosant (c'est-à-dire en encourageant toutes sortes d'initiatives individuelles ou de petits groupes). De temps en temps, il faut désherber les croissances discordantes, mais en procédant avec prudence car les herbes folles peuvent devenir les plus belles fleurs du jardin, et même, avec le temps, en changer le caractère ». Charmante allégorie, procédé dont l'auteur use abondamment, sans doute pour tenter de donner à l'inconsistance de ses propos une fraîcheur plus facilement digeste à destination des nombreux chefs d'entreprise américains. A eux de suivre s'ils le souhaitent les multiples recommandations et d'appliquer les non moins nombreuses recettes et stratégies détaillées en cinquante points pour parvenir à libérer leur entreprise de tous les maux accumulés en plus de trente années de gestion traditionnelle. Quant aux salariés, ils ont droit à toute une série de recommandations beaucoup plus succinctes dans le contenu et plus sèches dans la forme. Bonne nouvelle pour les ouvriers : ils sont tous des cadres en puissance, à condition qu'ils intègrent trois mots d'ordre : formation, risque et mobilité. Il faut donc se former, se développer sans relâche et se recycler, prendre des risques ou bien se retrouver sur une voie de garage, et enfin bouger en multipliant les expériences professionnelles.

Pour les cadres moyens, l'avenir est moins rose. Une seule porte de sortie, se reconvertir en consultants de terrain et « mettre la pagaille », construire son réseau, sa propre entreprise. L'auteur sait de quoi il parle puisqu'il a fait ses débuts comme consultant dans le célèbre cabinet Mac Kinsey pour, au bout de quelques années et après avoir gravi de manière fulgurante différents échelons (il en subsistait encore quelques-uns), créer sa propre entreprise.

Cet ouvrage, dans un premier temps involontairement désopilant, devient rapidement pitoyable par le nombre de lieux communs qu'il contient, par son absence d'analyse socio-économique et son enfermement dans un parti pris de catalogue assenant au lecteur un jargon managérial tissé d'idées reçues. On doit peut-être comprendre en quoi la rédaction de cet ouvrage, comme nous le souligne Tom Peters dans son avant-propos, a constitué pour l'auteur un véritable supplice. Il devait lui rester un brin de lucidité. Enfin et surtout, aucune référence n'est faite à la sociologie des organisations, en particulier aux théories de la contingence structurelle, courant de pensée qui s'est pourtant développé autour de l'idée que les contraintes environnant l'organisation, le marché en particulier, contribuaient à lui donner sa forme. Or toutes les entreprises dont fait état Tom Peters se rattachent bien à un certain type d'entreprise dont les produits subissent des renouvellements rapides, lesquels nécessitent des structures plus souples et un management adaptable aux contraintes extérieures. De telles organisations, qui sont à la recherche de formes plus flexibles de fonctionnement, tentent de se fractionner en autant de fonctions que nécessaire (décentralisation radicale) liées les unes aux autres par de fortes coopérations (réseaux), constituées d'équipes de projets autonomes et sans cesse renouvelées. C'est sans doute ce que Tom Peters appelle l'entreprise libérée, mais cette « libération » mériterait meilleur analyste.

Par ce temps il est peut être nécessaire d'avoir un regard extérieur ! Un aticle du Temps.ch, ou les évenements francais vus de la Suisse

 

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La loi El Khomri contient des dispositions qui dépassent l’entendement, estime le politologue socialiste suisse Jean-Claude Rennwald. C’est pourquoi la manifestation de jeudi est nécessaire et légitime. Démonstration

 

«Je demande à la CGT de ne plus organiser ce type de manifestation à Paris.» Le premier ministre français Manuel Valls a sommé le syndicat le plus combatif de ne plus mettre sur pied de défilés contre la loi travail, François Hollande se réservant le droit d’interdire les rassemblements (les derniers interdits remontent à la guerre d’Algérie, voici plus de 50 ans!) «Si les conditions de sécurité des biens et des personnes ne sont pas garanties». Il y a eu des débordements violents lors de la grande manifestation parisienne du 14 juin, mais ceux-ci n’étaient ni ouvriers, ni syndicaux. Ils ont été le fait de casseurs du type «black bloc».

Plus tôt, Manuel Valls s’en était pris à la «responsabilité» de la CGT, critiquant son attitude «ambiguë» à l’égard des casseurs. Cette stratégie de l’amalgame vise à discréditer l’opposition au projet de la ministre du Travail Myriam El Khomri. Porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll a déploré que les violences n’aient «suscité aucune condamnation de la part de M. Philippe Martinez», secrétaire général de la CGT. Or, ladite CGT a condamné «sans réserve les violences commises», en dénonçant «des actes aveugles».

Actes de ce type il y a eu, contre un hôpital pour enfants et un institut pour aveugles, mais ceux-ci ont été accomplis par des casseurs. Ces affrontements ont fait une trentaine de blessés parmi les policiers et une quinzaine chez les manifestants. Ce n’est pas rien, mais la dernière action des milieux djihadistes a tué deux policiers, alors qu’à l’Euro foot, les comportements des hooligans ont blessé davantage de personnes et causé d’énormes déprédations. Un terroriste, quelques centaines de casseurs et de hooligans ont donc causé plus de dégâts humains et matériels qu’un million de manifestants sur les pavés parisiens (1,3 million dans toute la France).

1,3 million de manifestants vraiment, soit 100’000 de plus que le 31 mars? La police s’est ridiculisée, en publiant des chiffres dix fois plus bas! Mais l’essentiel réside dans le fait qu’en quatre mois, la lutte contre la loi travail a été constante. Même Le Figaro l’a reconnu, sous la plume de Sophie de Ravinel: «Commencée le 19 février, la mobilisation contre le texte n’a jamais véritablement faibli.» Et l’opinion est toujours du côté des manifestants. Selon un sondage publié le 19 juin par Ouest-France, 60% des Français ne veulent pas de la loi travail. De quoi couper l’herbe sous le pied à ceux qui soulignent que d’autres Etats européens (Italie, Espagne, Grèce, Royaume-Uni, pays de l’Est) ont fait cette «réforme» et que ces mesures ont été proposées par la Commission européenne. Mais l’Europe, n’est-ce pas d’abord les peuples qui la composent?

En Suisse, il y aurait votation

En Suisse, le peuple se prononcerait sur un projet de ce type, car les syndicats et la gauche auraient déjà annoncé le lancement d’un référendum, tant la loi El Khomri contient des dispositions qui dépassent l’entendement. «L’inversion des normes» signifierait qu’une convention collective pourrait déroger «vers le bas» à la loi, en prévoyant une durée hebdomadaire du travail supérieure à 45 heures! Dans cette hypothèse, les syndicats l’emporteraient haut la main.

Toujours dans le but de discréditer les syndicats, d’aucuns affirment que la France est «le pays des grèves». Sur le plan international, c’est bien en France que la grève, arme ultime des travailleurs, est le plus fréquemment utilisée. Mais dans d’autres pays, le recours à la grève est presque aussi fréquent. Dans une étude portant sur la période 2005-2012 dans 16 pays occidentaux, des chercheurs de l’institut allemand WSI ont calculé le nombre de jours de grève rapporté au nombre de travailleurs actifs. La France se retrouve en tête, avec, en moyenne annuelle, 139 jours perdus pour 1000 salariés. Mais elle est talonnée par le Danemark (135 jours) et le Canada (102).

Même la Suisse n’est pas épargnée. En 2015, 13’437 salariés ont été impliqués dans un conflit collectif. C’est peu, mais c’est dix fois plus que la moyenne (1300) des six années précédentes. Et en 2001-2002, ce sont des grèves massives qui ont permis aux travailleurs de la construction d’obtenir la retraite à 60 ans, l’une des plus belles conquêtes de l’histoire sociale contemporaine.

Vous en avez marre de ces grèves et de ces blocages ? Faites le savoir ! 

 
 
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Je soussigné Nom : El-Komri. Prénom : 49.3  

Je demande à ne pas bénéficier des améliorations que les travailleurs en grève pourront obtenir, par exemple : 
 
  • Je demande à travailler au moins jusqu'à 67 ans. 
  • Je veux pouvoir être licencié plus facilement qu'il s'agisse d'une incapacité due à un accident du travail ou à une diminution des bénéfices de mon entreprise.
  • Je souhaite que mes indemnités soient réduites en cas de licenciement, y compris en cas de licenciement abusif. 
  • Je suis favorable à ce qu'il y ait un droit du travail par entreprise et non plus les mêmes droits pour tous .
  • Je ne souhaite plus passer de visite médicale du travail. 
  • Je veux que mes horaires de travail (durée et répartition) puissent être modifiés n'importe quand.
  • Je veux pouvoir travailler jusqu'à 60 heures par semaine et même sans limite en cas de forfait jour.
  • Je souhaite que mes heures supplémentaires soient moins bien rémunérées et je suis d'accord pour qu'elles me soient payés que tous les 3 ans. 
  • Je suis d'accord pour que mes dates de départ en congés puissent légalement être modifiées moins d'une semaine avant mon départ. 
  • Je souhaite que tous les acquis sociaux soient remis à zéro tous les cinq ans. 
  • Je suis favorable à l'étouffement des services de l'inspection du travail.
Merci de répondre favorablement à mes demandes.

Date signature 


En option. Pour préparer l'avenir avec modernité je ne souhaite plus bénéficier des améliorations gagnées par le passé  : 
 
  • Je renonce à mes congés payés.
  • Je renonce à la sécurité sociale.
  • Je ne veux plus de salaire minimum.
  • Je suis favorable à l'interdiction des syndicats et du droit de grève. 

 

Pour bien saisir l’enjeu de l’actuelle loi du travail il faut bien comprendre la mécanique de sa mise en œuvre. Prenons par exemple, l’article 2 qui met en place l’inversion des normes juridiques, désormais pour la plupart des sujets comme la suppression des jours de RTT, ce sont les accords d’entreprise qui fixent les règles, de manière totalement autonome, c’est à dire sans protection de la loi !

Cependant on peut nous objecter que l’entreprise ne fixe pas des règles mais elle signe des accords avec les syndicats représentants… Oui mais, c’est exactement là que se joue le second acte, la mise en œuvre : les syndicats qui signent ou signeront les accords les plus pénalisants pour les salariés sont les même qui soutiennent la Loi du Travail

 

Pour nous rafraichir la mémoire et pour illustrer nos propos, nous rappelons que sur les dernière années, la politique de la Société Générale qui vise la suppression de la revalorisation collective des salaires, et la réduction de la participation à une fois tous les 3 ans, a toujours été adoptée par le SNB, la CFTC et CFDT*.

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Pourquoi ont ils signé ces accords qui vont à l'encontre del’intérêt des salariés ? Demandez-leur si vous les croisez !

 

La CGT a depuis longtemps dénoncé ce procédé qui met les salariés dans les situations de plus en plus difficiles et qui jette de la confusion sur la pratique syndicale.

 

 

 

* Sauf l’accord sur le plan d’épargne.

Se moquer des mouvements sociaux, criminaliser la CGT, diviser les syndicats et les salariés, chanter des louanges du néolibéralisme sauvage comme le seul avenir possible...

Les médias projettent leurs délires sur ce qu'on pourrait appeler les parois modernes de la Caverne de Platon. Le font-ils par honnêteté intellectuelle, par pur amour de la fiction ? Non, par intérêt tout simplement !

Un petit antisèche pour nous rappeler qui parle à travers nos médias.

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Des semaines de 45 heures et des journées de 9, voire 11 heures ; les heures supplémentaires facilitées, tout comme le travail en soirée, de nuit et le week-end ; des horaires connus 24 heures à l’avance ; l’intérim comme seule perspective de carrière… Si la réforme du ministre belge de l’Emploi, Kris Peeters (CD&V), passe, le quotidien de tous les travailleurs belges risque d'être bouleversé.

A Bruxelles, ce mardi matin. © DIRK WAEM / Belga / AFP

Après les salariés italiens et le "Jobs Act" de Matteo Renzi, après les travailleurs français et la loi "El Khomri" dite "loi travail", c'est aux ouvriers belges d'être passés à la moulinette des désirs de "BusinessEurope"(*), association patronale européenne qui défend «des politiques intelligentes qui favorisent la compétitivité mondiale de l'industrie européenne en particulier». Le dernier projet de réforme du ministre belge de l’Emploi, Kris Peeters, s’inscrit dans le cadre d’une offensive globale et concomitante de l’Union européenne sur le Travail.Après ses attaques contre l’indexation des salaires, les pensions et les personnes malades, le Ministre belge s’attaque cette fois à la réglementation du temps de travail. L’objectif est, comme en France, de réduire le coût du travail via l’allongement de la journée de travail, la diminution des salaires et l’augmentation de la flexibilité. 

 (*) Elle regroupe 40 organisations nationales d'entreprises de 34 pays d'Europe dont, pour les pays francophones, le MEDEF en France, la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB-VBO) pour les trois régions belges, et la Fédération des entreprises suisses.

L’annualisation du temps de travail

Aujourd’hui, dans de très nombreux secteurs et entreprises, votre semaine de travail est de 38 heures. Sous certaines conditions strictes et négociées avec les organisations syndicales, votre patron peut vous demander d’en faire plus. On appelle cela « les heures supplémentaires ». Il doit les payer plus cher (on appelle cela le sursalaire). Et s’il dépasse certaines limites, il doit en plus vous accorder un « repos compensatoire ». Vous « récupérez » alors vos heures supplémentaires. Ce système de récupération part de l’idée que travailler trop est mauvais pour la santé. Si on dépasse une certaine limite, le travailleur a obligatoirement droit à se reposer. C’est cette limite que le gouvernement veut élargir.Demain, votre temps de travail sera calculé sur l’année. C’est pour cela qu’on parle « d’annualisation ». Concrètement, tant que vous travaillez en moyenne 38 heures par semaine sur l’année, votre patron ne devra pas vous accorder de repos compensatoires. Il pourra par exemple vous faire travailler six mois 45 heures par semaine et six autres mois 31 heures par semaine. En moyenne, vous aurez bien travaillé 38 heures par semaine. Dans la construction, cela signifie travailler beaucoup à la belle saison et rester à la maison en janvier. Dans le commerce, il sera difficile de prendre ses congés en juillet, pour la période des soldes. En revanche, il y aura davantage de congés en mars ou en octobre, quand les enfants sont à l’école et ne peuvent pas partir en vacances.  
Votre patron pourra même vous faire travailler jusqu’à 143 heures supplémentaires, donc en plus de cette moyenne (contre 91 heures jusqu’ici), avant de devoir vous envoyer en récupération. Cela correspond à 17 jours de travail de travail en plus sur une année.

100 heures sup’ : Travailler plus pour… travailler plus

Le gouvernement a également mis sur pied un tout nouveau système d’heures supplémentaires, qui s’ajoute aux systèmes déjà existant. De quoi s’agit-il ? Le nouveau système accorde au patron le droit de négocier individuellement avec chacun de ses travailleurs un paquet de 100 heures supplémentaires (extensible à 360 heures en fonction des secteurs ou entreprises). Ces heures peuvent être prestées à tout moment, tant que la journée de travail ne dépasse pas 11 heures et la semaine de travail 50 heures. Concrètement, avec 100 heures supplémentaires, cela offre aux patrons la possibilité de vous faire travailler 12 jours en plus par an. Avec 360 heures, cela lui offre la possibilité de vous faire travailler 45 heures par semaine toute l’année.

Négocier les heures supplémentaires seul face à votre employeur

Contrairement au système actuel, ce nouveau système ne nécessite aucune motivation ou justification de l’employeur. Aujourd’hui, le patron doit en effet justifier pourquoi il demande des heures supplémentaires (par exemple une surcharge extraordinaire de travail). Et cela doit correspondre aux critères établis par la loi. En outre, actuellement, le patron doit demander l’accord de la délégation syndicale et du service de contrôle des lois sociales, qui peuvent refuser l’introduction d’heures supplémentaires s’ils estiment que les motivations de l’employeur ne sont pas justifiées. Ici, rien de tout ça. Le syndicat est donc complètement mis de côté. Vous vous retrouvez seul face à votre employeur pour négocier ce paquet d’heures. Il n’y a même pas besoin d’une trace écrite. Un simple accord oral est suffisant. Et, cerise sur le gâteau pour les entreprises, ces heures supplémentaires ne doivent pas être récupérées. Elles seront soit payées directement, soit accumulées sur un « compte carrière », sur lequel on peut accumuler des heures supplémentaires ou des jours de congé « à prendre plus tard ». 

L’horaire connu 24 heures à l’avance

En plus de ces mesures, le gouvernement veut faire négocier les organisations syndicales sur une série de mesures pour des catégories spécifiques de travailleurs. Aujourd’hui, 800 000 travailleurs ont un horaire à temps partiel en Belgique. Beaucoup ont un horaire flexible, qui peut varier d’une semaine à l’autre. Leur horaire doit leur être communiqué au moins cinq jours à l’avance, et les  jours et heures de travail sont convenus dans le contrat ou le règlement de travail. Une compensation est prévue pour les heures qui dépassent le temps de travail prévu. La réforme permettra de communiquer les horaires de travail 24 heures à l’avance, de ne pas spécifier dans le contrat les heures et jours de travail, et de supprimer le sursalaire   dans de nombreux cas de dépassement des heures. C’est l’instauration de ce qu’on appelle le « contrat zéro heure », qui touchera majoritairement les femmes.

L’intérim à durée indéterminée

En 2015, près de 100 000 intérimaires travaillaient à temps plein. Un record. Kris Peeters veut faciliter l’intérim et en faire un système fixe. L’idée serait d’avoir une sorte de CDI (contrat à durée indéterminée) avec l’agence d’intérim, qui enverra le travailleur en mission dans les entreprises.
Le travailleur intérimaire qui signera un tel contrat sera dans une situation d’esclavage moderne. Il ne pourra pas refuser une mission sous peine de rupture de contrat. Avec pour conséquence de perdre tous ses droits au chômage. Le ministre précise également que ce travailleur n’aura pas droit au chômage économique en diminution d’activité. Et l’incertitude est complète sur le montant de sa rémunération en cas d’absence de boulot. Ce type de contrat constituera également une menace pour le contrat de travail normal. Les agences d’intérim fonctionneront encore plus comme des bureaux de ressources humaines externalisées, où on pourra aller piocher des travailleurs quand bon il semble et s’en débarrasser à tout moment. Finalement, ces contrats constituent une menace pour l’action sociale. Les patrons et le gouvernement réclament en effet que les intérimaires puissent travailler en cas de grève. « La production, le chiffre d’affaires et la marge bénéficiaire doivent être accrus, tandis que les coûts doivent être réduits. » Voilà comment Kris Peeters défend sa réforme du travail. En clair : tout doit aller au profit des grandes entreprises, et les travailleurs doivent s’y soumettre à tout prix. C’est bien là le sens de sa réforme. Les travailleurs valent  mieux que ça.

La mise hors-jeu des syndicats

De nombreuses mesures de la réforme du travail impliquent que les travailleurs négocient individuellement avec leur patron, et non plus via des conventions collectives ou des accords négociés avec les syndicats. Or un travailleur n’est individuellement pas l’égal de son patron dans une négociation. Surtout quand il y a 600 000 chômeurs qui attendent pour avoir un emploi. Les négociations individuelles avec le patron instaurent aussi un rapport concurrentiel avec les collègues (entre ceux qui acceptent des heures en plus, entre ceux qui reçoivent des heures en plus…). C’est le type de relation qui prévalait au 19e siècle, avant le développement du mouvement ouvrier organisé. L’organisation collective des travailleurs en syndicats a permis de conquérir de nombreux droits. Ces mêmes droits que le gouvernement est en train de mettre en pièces : allocations de chômage, pensions, congés payés, journée de 8 heures… Pour casser ces acquis, le gouvernement et le patronat veulent aussi casser ce qui les a rendus possibles. C’est pourquoi les syndicats sont mis au maximum hors-jeu, en définissant un cadre légal le plus large et le plus flexible possible pour faire descendre la négociation au niveau le plus bas possible : d’abord les secteurs, ensuite l’entreprise et, enfin, le travailleur lui-même.

Source :

http://ptb.be/articles/pas-touche-la-semaine-de-38-heures

Auteurs : Benjamin Pestieau et Alice Bernard

http://ptb.be/articles/5-raisons-pour-dire-non-la-loi-peeters

La Loi Travail continue de secouer toutes les couches de la société. Interrogées, trois personnes sur quatre se sont exprimées contre cette loi. Sept syndicats, la CGT, FO, FSU, Solidaires, l'Unef, l'UNL et Fidl, ont appelé à manifester le 17 et le 19 mai, pour son retrait et pour montrer leur opposition au passage en force du gouvernement en utilisant le 49.3.

Silence radio du côté de la CFTC, CFDT et du SNB-CGC, qui ont soutenu cette loi dès les premières heures, tout en faisant mine de vouloir renégocier des points mineurs dans le texte, points convenus à l’avance avec le MEDEF. Mais personne n’a été dupe, certains membres  de ces syndicats ont même rejoint les manifestations contre l’avis de leurs dirigeants.

Mais que contient exactement la Loi Travail et quels sont les impacts sur les salariés si elle est adoptée dans l’état actuel ? Sans prétendre à l’exhaustivité, voici  une synthèse de la CGT sur les impacts les plus importants pour les salariés.

A lire également Que signifie être pragmatique et  progressiste aujourd’hui

Lien vers le projet de la Loi Travail ici

Aujourd’hui il est de bon ton de se réclamer « pragmatique » mais que signifie vraiment ce terme lorsqu’il qualifie Macon de réformateur pragmatique ou quand Valls plaidoie pour une Gauche pragmatique et réformiste ?

A première vue, est pragmatique celui qui saisit la réalité d’une situation à travers le bon sens et qui est alors gage d’efficacité. Epistémologiquement, le pragmatisme s’oppose à toute forme d'idéalisme. Cependant si l’on souhaite appréhender précisément la signification actuelle du mot, ce n’est pas du côté de l’étymologie que l’on trouvera une réponse mais il faut la chercher dans la pratique politique elle-même.

En effet, à quel moment ou dans quelle situation, un homme politique se met à se prétendre pragmatique ? Prenons comme exemples Macron et Valls, tous deux se proclament pragmatiques alors qu’ils mettent en place, de manière autoritaire, la loi Macron et celle du travail (Loi El Khomri). Rappelons qu’il a fallu pas moins de 3 articles 49.3 pour que la première passe, la seconde provoque toujours la grogne sociale d’une ampleur rare et il n’est pas dit que le gouvernement ne devra pas faire machine arrière. Un autre point commun, plus fondamental de ces deux lois est leur contenu. Un contenu que l’on peut appeler le choix du « moins » : moins d’état, moins de protection sociale. Un virage à180° par rapport aux promesses pour lesquelles le gouvernement actuel été élu en 2012 (sauf Macron qui n’a jamais été élu)

Il est donc vraisemblable qu’aujourd’hui, lorsqu’un homme politique se réclame pragmatique c’est qu’il est sur le point de mettre en œuvre des mesures contraires aux idées qu’il prétend porter. Pour Valls et Macron c’est même une évidence.

Que certains continuent à gober l’idée qu’une société doit sa survie à un homme providentiel, talentueux et pragmatique n’est pas étonnant, c’est même une constance dans l’histoire mais voir le SNB, en cette période de crise économique majeure, reprendre le même slogan politicien à son compte, cela doit susciter la question : S’agit-il d’un coup de marketing électoral vide de contenu ? ou existe-il une réelle proximité idéologique entre le SNB et nos dirigeants politiques lorsqu’ils se prétendent réformistes ?

La réponse contient sans doute un mixte des deux aspects :

Marketing ? En cette période d’élection dans les Services Centraux comme celle de la présidentielle de 2017, chacun veut paraître moderniste en surfant sur ce nouveau mot d’ordre vide de sens mais surmédiatisé. De plus, au sein de la SG, Il permet à peu de frais, de dénigrer la CGT qui construit depuis toujours, sa ligne de conduite à partir des revendications des salariés et qui est régulièrement accusée de rétrograde, ou non-progressiste pour ses méthodes.

Proximité idéologique ? Une fois de plus, la réponse viendra non pas du côté des discours mais du côté des faits :

-       Lors de la mise en place du projet d’externalisation des back office OPER vers Accenture(MIKADO, 2013) l’organe dirigeant du SNB était venu, en compagnie des managers d’Accenture, vendre l’aventure aux salariés d’OPER et les pousser vers la sortie de la SG. On ne connait pas le nombre de personnes qui ont fait confianceau SNB à l’époque, mais ellesont de bonnes raisons delui en vouloir aujourd’hui car le projet Mikado n’a jamais atteint ses objectifs et le décommissionnementdes outils de gestion de la SG a été totalement gelé.

-       L'appel à la grève nationale du 5 décembre 2014 avait été lancé par les 5 organisations syndicales de la SG (CGT, CFTC, CFDT, SNB, FO) qui réclamaientune augmentation salariale de 2 % et une prime de 750 euros pour l'ensemble des salariés, tout en dénonçant l'absence d'augmentation collective générale, qui courait depuis trois ans. Le mouvement a été bien suivi avec plus de 12% des salariés du réseau et 10% des agences fermées. Malgré la mobilisation des salariés, la Direction refuse d’écouter leurs revendications. Elle fait pression sur les syndicats dits d’accompagnement. Le17 décembre, le SNB et la CFTC validaient en signant le texte de la direction.

En tant que slogans, les termes pragmatique et progressiste appellent plus à une adhésion qu’à donner un sens. Pour notre compréhension, il est peut être utile de les redéfinir : Progressiste comme l’intérêt économique avant tout ! Et Pragmatisme comme le devoir de s’aligner sur la position du pouvoir quand celui-ci l’ordonne.

 

Nous avions demandé à la Direction, une réunion exceptionnelle dans chacun des CHSCT des Services Centraux sur le point suivant :

 

   Mesures prises lors de la fermeture d’une partie des transports en commun d’Ile de France
pour divers travaux au cours des sept prochains étés rendant quasiment inaccessibles les immeubles des services centraux parisiens.

 

 

En effet, le tronçon central du RER A va être partiellement fermé cet été (Station Charles de Gaulle) et les 6 étés suivants par tronçons successifs.  D’autres travaux sont prévus simultanément (Ligne L, RER C…).

De ce fait, la circulation de/vers l’Ouest parisien va être très perturbée , et la circulation d’Est en Ouest va être coupée à Auber.

Même si ces travaux sont effectués durant la période estivale, nous savons tous que la Défense et par la suite une grande partie des services centraux parisiens (notamment Val De Fontenay)  vont être difficilement accessibles.

 

 

Les élus CGT des CHSCT des Services Centraux Parisiens ont demandé une réunion exceptionnelle de l’ensemble des CHSCT des Centraux Parisiens sur ce point précis à la Direction afin de connaitre précisément les mesures complémentaires pouvant être mises en place pour faciliter le quotidien des collaborateurs.

 

Nous avons déjà pensé à plusieurs pistes :

  • Augmentation dérogatoire lors de cette période du nombre de jours de télétravail accordé
  • Travail en horaires décalés
  • Navette de ramassage
  • Promotion du covoiturage
  • ...

 

=> Le fascicule RATP sur le sujet se trouve ici et l'information disponible sur RH Online se trouve en suivant ce lien

 

Vous êtes invités à participer à la réflexion des solutions à mettre en place et à les proposer à la Direction.Toutes les idées sont bonnes à prendre pour nous permettre d’être constructif et de faciliter la vie des collaborateurs durant cette période.

 

 Les Elus CGT des CHSCT des Centraux Parisiens

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