Selon une étude publiée par Glassdoor, 77 % des salariés interrogés estiment que les employeurs devraient être contraints à communiquer davantage sur les rémunérations de l'ensemble des collaborateurs de l'entreprise.

par Hélène Truffaut 23/02/2015 Entreprise & Carrières

Les salariés demandent plus de transparence sur les salaires

© fotolia.com

 
 
Seuls 37 % des salariés savent combien gagnent leurs collègues. Essentiellement parce que lesdits collègues sont très ouverts à la discussion sur les rémunérations et avantages sociaux (dans 58 % des cas). Ce peut être aussi parce qu’ils ont capté des bruits de couloirs (16 %), vu traîner des informations sensibles (6 %) ou été renseignés par « quelqu’un des RH » (4 %). C’est, du moins, ce qu’indique une étude* réalisée par Harris Interactive pour Glassdoor, le site d’emploi permettant le dépôt et la consultation d’avis sur les employeurs.
 
 

 

 

 

Relation de confiance

Toujours selon cette étude, 77 % des salariés estiment d’ailleurs que les employeurs devraient être contraints à communiquer davantage sur le sujet. Ce qui les obligerait à respecter une plus grande égalité des salaires (52 % des réponses), voire aboutirait à l’élimination des écarts de rémunération entre les hommes et les femmes (50 %). 42 % jugent qu’une plus grande transparence améliorerait la relation de confiance entre employeur et salariés. Actuellement, précise Glassdoor, un employeur sur cinq communique sur les salaires en interne, un sur dix le font à l’extérieur.

* Étude réalisée en novembre 2014 auprès de 1 002 adultes interrogés en ligne en France

 

Source: http://www.wk-rh.fr/actualites/detail/82857/les-salaries-demandent-plus-de-transparence-sur-les-salaires.html

 

Publié dans La Presse

Petit mail reçu ce jour et reflet actuel de l'esprit maison :

L'esprit d'équipe est une expression singulière signifiant, à la Société Générale, augmentation individuelle. Cela fait vingt ans que je traîne mes guêtres à la direction de l'informatique de la Société Générale, et je pense avoir mon mot à dire sur l'évolution de la Maison. L'esprit d'équipe, je connais. Ou plutôt : j'ai connu. Les mises en production le week-end ou à 3 heures du matin, le stress des grands projets, les développements à faire en urgence pour répondre au besoin d'un gros client. Cela doit parler à pas mal d'anciens. Même en temps de crise ou de rigueur budgétaire, il nous arrivait de rester de bonne humeur voire même d'aller aider sans rechigner un autre projet qui connaissait des problèmes, quand bien même c'était de sa faute et que nous n'y étions pas obligés. La grande valeur qui nous unissait était sans doute le professionnalisme, que je retrouve aujourd'hui encore avec un grand étonnement dans la Maison, malgré les désastreuses orientations données à l'outil informatique de la Société Générale (notamment dans la banque de détail). J ai vu et connu des collaborateurs se battre pour tenter de sauver ce qui pouvait l'être et faire marcher au mieux des systèmes voués au dysfonctionnement suite à des décisions stratégiques hasardeuses et vouées à l'échec.

Moi, je suis frappé, voire choqué, de cette opposition entre ces collaborateurs si impliqués et si professionnels pour la plupart, et ce quasi-amateurisme dans les prises de décision de nos dirigeants. Je parle de mon expérience, dans mon domaine : la fusion des informatiques de BDDF et de Crédit du Nord a été décidée sur de graves approximations et sur des impressions, plus que sur des analyses sérieuses ou sur une réflexion approfondie. On voit aujourd'hui les dégâts sur notre outil de travail et sur la motivation de tous. Quand les 3/4 des collaborateurs disent qu ils pensent que les objectifs ne sont pas réalistes, il n y a que nos dirigeants pour croire que c'est par paresse, mauvaise volonté ou peur du changement. Et je suis tout autant étonné de voir l'énergie que ces mêmes collaborateurs ont déployé pour essayer quand même de trouver des solutions et faire avancer le projet.

Signe des temps, le Groupe est en train de revoir nos valeurs, et c'est le professionnalisme qui passe à la trappe alors que c'était le seul qui avait encore un sens dans la Maison. A la place, on nous parle de responsabilité et d'engagement, des mots qui doivent plaire dans les cabinets de conseil et sur les plaquettes des actionnaires. L'esprit d'équipe est en pleine déliquescence, et notre professionnalisme est désormais miné par la chasse au gaspi, où l'on pousse l'injonction paradoxale jusqu'à préférer un produit pourri à un produit fiable et fonctionnel, du moment qu il soit livré à l'heure et qu'il contribue à la réduction des dépenses.

Quitte à réduire les dépenses, autant arrêter le projet de tablettes pour tous, ersatz de cadeau qui va se transformer à n'en pas douter en nouvel outil professionnel. Beau cadeau, et bel exemple encore de décision prise à la va-vite. Tout ce qu'on aura eu pour les 150 ans de la Générale, c'est un café dilué avec des croissants rassis (ils avaient 150 ans, eux aussi) et une tablette tactile qui servira au mieux à caler une table ou un bureau. Personne n'en veut, mais tout le monde en aura. Ainsi a-t-on décidé là haut, et ainsi peut-on claironner et fanfaronner devant la presse que l on est à la pointe de la technique et aux petits soins avec ses collaborateurs, en leur donnant le dernier cri de la technologie. Vous n'avez pas le choix ni le droit de discuter. Soyez contents. Et dormez tranquille. On est même obligé de lancer des concours pour trouver une utilité à cette tablette !

Ultime provocation : la disparition du fond E, qu'on nous a tant vanté comme un avantage financier et qui constituait également un ciment entre les salariés et leur entreprise en les rendant actionnaires donc responsables. Mais avoir trop de salariés actionnaires devait également déplaire aux pontes et aux agences de notation. On a dont préférer sacrifier le seul outil permettant à la fois cohésion et complément de revenu, le comble tant que sa valeur était grandement conditionnée par les résultats du Groupe. Vous avez dit esprit d'équipe ?

Le 5 décembre, je ferai donc grève pour la première fois de ma vie. Non pas pour une hypothétique augmentation de salaire, mais pour répondre au mépris et la plus parfaite incompétence des nos hautes sphères. Cela ne me remplit pas de joie, bien au contraire : c'est avec la plus profonde tristesse que je vois nos valeurs, nos vraies valeurs, disparaître.

Publié dans Tribune des Salariés

De : FOURNIL Philippe 
Objet : RE: [IRP] Négociation annuelle sur les salaires - NAO : le Cran au dessus

Bonjour XXXXX,

merci de cette contribution à la réflexion sur la situation actuelle. La question avec les autres syndicats n'est pas tranchée (grève, pas grève, quelles suites, etc).

L'enjeu auquel nous sommes confrontés n'est pas habituel. Nous ne cherchons à obtenir un peu plus que ce qui est proposé, mais à modifier une decision stratégique. Nous ne cherchons à communiquer à la direction un début de mécontentement, mais à faire face au choix politique de celle ci de ne recourir qu'aux augmentations individuelles - et encore !

Il est difficile de trouver le mode universel de manifester son mécontentement.

Nous sommes convenus d'une journée de grève en intersyndical. Après chaque salarié prendra ses responsabilités et y mettra les moyens qu'il peut. L'important est que ce jour là, les salariés puissent manifester leur mécontement.

La question des conséquences économiques d'une journée de grève est toute relative cette fois ci, car la direction a clairement affiché le fait que dorénavant il n'y aura plus d'augmentation collective. Nous n'agissons pas seulement pour 2015, mais bien au delà.

Sans parler des conséquences sur l'emploi du réseau et des centraux, des conditions de travail (transfert géographique de l'ouest à l'est de Paris, etc)

J'ai bien noté la proposition et vais tenter de trouver une bonne combinaison dans les différents moyens d'expression.

slm,

       
 

Philippe Fournil

 
 

 


De :
[>]  Envoyé : mardi 18 novembre 2014 15:00
Objet : RE: [IRP] Négociation annuelle sur les salaires - NAO : le Cran au dessus

Bonjour,

Je me permets de vous écrire afin de revenir sur votre décision d’une journée de grève comme conséquence à ces négociations qui n’ont que le nom.

En effet, je ne suis pas contre cette idée mais l’immense majorité du personnel ne la suivra pas pour deux raisons :

-          Ces conséquences économiques… vous parlez d’augmentation de salaire mais la grève n’occasionnera qu’une baisse de revenu pour chacun,

-          Sa portée limitée… ok pour une journée. Mais ensuite, quelle est la prochaine étape ? Une autre journée ? A la fin du mois, il faut bien payer son crédit, son loyer, la cantine des enfants, etc…

Par conséquent, conscient de ces différents retours par mes collègues,  pourquoi ne pas proposer une journée de mobilisation générale différente ?

Une mobilisation du type « bureaux vides à 16h »… tout le monde à la maison !

Ne connaissant pas les chiffres, je pense qu’une grande partie du personnel sont des cadres prêts à raccourcir leur journée pour signifier leur mécontentement.

En tant que cadres au forfait, ils n’ont pas à respecter un horaire rigide (merci les heures supp. non payées) et par conséquent ce départ massif à 16h n’engendrera aucune sanction financière à personne, sauf à la Direction de se retrouver bien seule à 16h.

Pour ce qui des techniciens, en commençant exceptionnellement plus tôt, ils pourraient suivre à 17h… dans les mêmes conditions (je ne sais malheureusement pas s’il y a des contraintes horaires).

L’avantage de cette idée c’est qu’elle ne sacrifie aucun euro à personne, surtout dans une période où les fins de mois sont difficiles pour tous.

2ème avantage, c’est sa portée… cette opération peut bien être répétée en cas de surdité de la Direction.

Cordialement,

Publié dans Tribune des Salariés