extrait du Parisien

Notre journal a reçu vendredi le numéro un de la CGT. Loi Travail, grèves, fonctionnement des syndicats, violences sociales... Philippe Martinez a répondu, sans esquives, aux questions de sept de nos lecteurs.

C'est peu direqu'il était attendu de pied ferme. Alors que la grève à la SNCF en était, vendredi, à sa dixième journée d'affilée, queles mouvements des pilotes d'Air France et des éboueurs crispent un peu plus le climat social, nos sept lecteurs avaient hâte de découvrir — et d'en découdre — avec l'homme qui tient tête au gouvernement et mène la fronde contre la loi Travail depuis le mois de mars. Décontracté, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, est arrivé dans nos locaux vendredi matin à 10 heures pour un entretien d'une heure et demie parfois animé, mais toujours cordial. Très ferme quand il s'agit de défendre la position de son syndicat, Philippe Martinez sait aussi manier l'humour pour détendre l'atmosphère quand les esprits s'échauffent.

LA LOI TRAVAIL

JULIEN PEYRAFITTE. Je ne sais pas où va la CGT. J’ai même l’impression que vous vous tirez une balle dans le pied...

PHILIPPE MARTINEZ. La colonne vertébrale du projet de loi va remettre en cause un principe essentiel du droit social : la hiérarchie des normes. Aujourd’hui, il y a un Code du travail qui s’applique à tous, puis des conventions collectives signées au niveau de chaque branche, et, enfin, il y a des accords d’entreprise. Le principe de la loi El Khomri, c’est d’inverser cette hiérarchie. Le Code du travail et la convention collective resteront une référence, mais une loi différente pourra s’appliquer dans les entreprises. Sur la majoration des heures sup par exemple, la loi prévoit qu’elles sont majorées de 25 %. Demain, avec cette loi, on pourra décider que dans tel endroit, elles seront payées 10 % de plus, et dans tel autre 15 ou 20 %. Plus les accords d’entreprise seront bas, plus on fera pression sur les salariés.

EMMANUELLE DE RAUCOURT. Que voulez-vous ?  La suspension, le retrait ?

C’est au gouvernement de décider. On demande qu’il retire les cinq articles qui font la colonne vertébrale du texte. Et qu’on rediscute. C’est-à-dire l’article 2, celui sur les plans de sauvegarde de l’emploi, notamment. Il y a aussi la question du référendum d’entreprise et celle de la médecine du travail.

JULIEN PEYRAFITTE. Les syndicats sont surtout présents dans les grandes entreprises. L’article 2, n’est-ce pas une opportunité de l’être davantage dans les PME ?
 

Cela n’a rien à voir. La négociation d’entreprise, elle existe. La CGT signe d’ailleurs 85 % des accords dans les entreprises. Le dialogue social, il existe. La question est : dans quelles conditions on négocie, et la négociation est-elle loyale ? Vous avez vu ce qui s’est passé chez Smart, c’est typiquement ce que pourrait donner l’application de l’article 2 : la possibilité, pour les employeurs, de négocier le passage aux 39 heures payées 35. On dit aux salariés que c’est une négociation, mais si vous n’acceptez pas, on ferme l’entreprise. C’est du chantage.

JEAN-SIMON MEYER. Selon vous, réformer la durée légale du temps de travail est de nature à favoriser l’emploi et notamment celui des jeunes ?

Au regard des évolutions technologiques et notamment numériques, on produit de plus en plus de richesse en France. Cette richesse doit aussi bénéficier aux salariés. Si on passe à 32 heures par semaine, cela débouchera, arithmétiquement, sur la création de 4,5 millions d’emplois. On pense qu’il faut travailler moins pour travailler mieux. Il y a des entreprises où les 32 heures existent, en Suède par exemple. Pourquoi ça ne serait pas possible en France ?

LES GRÈVES

JULIEN PEYRAFITTE. La grève touche les transports, le carburant, le ramassage des ordures ménagères. Ça vous fait quoi de voir tous ces gens qui galèrent ?

Les grèves pénalisent forcément tout le monde. Moi aussi, je suis touché par les bouchons. Oui, je me mets dans les pompes de ces gens, je ne vis pas dans ma bulle. Je discute avec eux. On a commencé par des manifestations, On en a fait une, deux, trois, quatre. On n’a pas été écoutés. Au bout d’un moment, les salariés s’agacent et font grève.

QUENTIN HEILMAN. Vous ne vous dites pas que vous allez trop loin ?

Non. La grève, ce n’est pas Martinez qui la décrète. Il y a des assemblées générales, les salariés votent. On parle beaucoup à Paris du centre d’incinération des ordures d’Ivry-sur-Seine, mais ils sont 95 % à y avoir voté la grève.

SABRINA ALLAGUE. Il a beaucoup plu. Les Français ont rencontré des difficultés pour se déplacer et aller travailler. Forcément, les grèves dans les transports n’ont pas aidé. Pourquoi la CGT n’a pas appelé à suspendre les mouvements ?

Je me doutais que vous me poseriez la question. Je vous ai ramené un tract de la CGT Energie du Loiret, département qui a été très gravement touché. L’ensemble des grévistes s’est autoréquisitionné pour remettre le courant chez les usagers privés d’électricité. Chaque fois que se présentent des situations telles que cel les que vous décrivez, il n’y a pas même besoin de mot d’ordre. Les salariés ont une conscience professionnelle. Ils savent ce qu’ils ont à faire.

STÉPHANE WULLEMAN. Les gens qui travaillent sont pris en otage. Ça ne vous dérange pas ?

« Prise d’otage », cette formule est à la mode, mais il faut peser ses mots. En France, nous savons ce que cela signifie.

JEAN-RÉGIS DE VAUPLANE. Vous n’avez pas peur de nuire à l’image de la France ?

Je sais bien que la CGT pèse beaucoup dans ce pays mais que la France ait des problèmes d’attractivité à cause de nous, c’est une fable. Tous les rapports, toutes les études des chambres d’industrie et de commerce disent que la France a trois atouts : les infrastructures, le niveau de formation des salariés et la flexibilité du travail.

QUENTIN HEILMAN. Votre action ne conduit-elle pas les jeunes à quitter la France ?

Je ne pense pas. Certains estiment que tous les jeunes veulent devenir milliardaires. Ce n’est pas notre avis. Nous, on pense que ce que cherchent les jeunes , c’est avoir du boulot. Or, de plus en plus de jeunes sont très diplômés et font des boulots qui ne correspondent pas à leurs diplômes. Certains partent à l’étranger, c’est vrai. Mais c’est un problème qui ne touche pas que la France. En Espagne, si le chômage baisse, c’est parce que les jeunes partent.

JEAN-SIMON MEYER. Quel est votre objectif pour la manifestation de mardi prochain ?

Il faut qu’on fasse plus fort que le 31 mars. Nous étions 1,2 million dans toute la France. Là ce sera pareil, avec un temps fort à Paris. Mais nous avons un problème avec les patrons de compagnies de cars, qui ne veulent pas mettre à disposition des cars pour les manifs.

LA CGT

STÉPHANE WULLEMAN. Les principaux meneurs de la grève, les permanents syndicaux, sont souvent des privilégiés...

« Privilégiés », il faut peser ses mots. Puisque vous parlez de moi, je suis comme les autres, en grève, et donc tous les mois, ma paye est amputée de l’équivalent des jours de grève de mes camarades. Cela alimente nos caisses de solidarité.

EMMANUELLE DE RAUCOURT. Vous n’avez pas peur d’être débordé par votre base ?

La CGT n’est pas une organisation militaire. On me décrit comme le patron de la CGT. Il n’y a pas de lien de subordination entre un militant et le secrétaire général de la CGT. Mais si vous dites quelque chose, vous êtes entendus ? Pas toujours. Il y a une vision fausse du mode de fonctionnement de la CGT où je siffle et tout le monde est au garde-à-vous. C’est plus compliqué que ça.

 JULIEN PEYRAFITTE. S’il y a bien un syndicat où il y a de la discipline, c’est bien le vôtre !

C’est mon rêve, ce que vous racontez ! FO siffle, ça peut marcher comme ça chez eux. Pas chez nous. Certains militants ne partagent pas le point de vue du chef mais il s’agit d’une infime minorité. Je reçois des lettres d’insultes de certains syndiqués de la CGT qui considèrent que je suis mou. Je l’assume. Pour certains, je suis un dur, pour d’autres, je suis un mou.

VIDEO. Philippe Martinez : « Pour certains je suis un dur pour d’autres je suis un mou »

STÉPHANE WULLEMAN. Ne faut-il pas limiter la durée de détachement des syndicalistes ?

Il faut donner la possibilité aux permanents syndicaux — je le suis depuis 2008 — de retourner en entreprise. C’est un vrai problème. Mais il faut des règles et des accords d’entreprise qui le permettent. Moi, je le peux. Si je n’avais pas été secrétaire général de la CGT, je pense que j’y serais retourné. Mon mandat dure normalement trois ans. Et puis, j’ai 55 ans, j’espère bien partir à la retraite pas trop tard. Il m’arrive de retourner dans mon établissement, j’ai une carte d’accès. J’y vais quand je veux, même si la direction nous demande de la prévenir. Je vais aussi dans beaucoup d’entreprises. Quand ils voient le moustachu, en général, les salariés se défoulent. Oui, il faut que les permanents, les responsables syndicaux aillent sur le terrain, car la vraie vie elle est là. Et ce dont souffrent les syndicalistes et encore plus les hommes politiques, c’est de parler d’un monde qu’ils ne connaissent pas toujours.

L’EURO 2016

JEAN-SIMON MEYER. Vous soutenez l’équipe de France de football ?

J’adore le foot, j’y ai joué pendant quarante ans, j’ai même été entraîneur. Je soutiens l’équipe de France. Si elle est éliminée avant l’Espagne — ce que je ne souhaite pas —, ma deuxième équipe est l’Espagne. Votre pronostic ? Il y a une très bonne équipe de France, même s’il y a eu des blessures et des polémiques malvenues. Je suis un optimiste alors, la France championne d’Europe, il faut y croire !

LE SYNDICAT ET LA POLITIQUE

EMMANUELLE DE RAUCOURT. Vous avez longtemps adhéré au PCF. Est-ce normal ?

Je n’y suis plus. Je fais donc partie, en France, des 87 % de personnes syndiquées n’adhérant pas à un parti politique. Après, je suis syndicaliste et citoyen. Quand on adhère à la CGT, on ne demande pas aux gens s’ils sont membres d’un parti politique, quelle est leur religion...

STÉPHANE WULLEMAN. Historiquement, l’un des symboles des travailleurs français et même européens, c’étaient le marteau et la faucille. Vous portez un pin’s contre le racisme. En quoi ça intéresse les travailleurs ?

C’est un symbole contre le racisme et l’extrême droite. La CGT a des valeurs et cela fait cent vingt ans que c’est ainsi. Dans l’article 1 des statuts de la CGT figure l’antiracisme. On ne peut pas être à la CGT et être un élu du Front national. C’est contre les valeurs de la CGT. Vous êtes pour l’accueil des migrants... N’est-ce pas au détriment des travailleurs français ? Parlons du problème des migrants et de l’immigration. Quand on s’appelle Martinez, on a eu ses parents, voire ses grands-parents, qui ont entendu les mêmes mots que certains lancent aujourd’hui aux immigrés : « Ils viennent piquer le pain et le boulot des Français. » Moi, j’ai eu la chance de travailler chez Renault, sur l’île Seguin de Boulogne-Billancourt. Il y avait près de 40 nationalités différentes. Ils travaillaient tous pour le développement de la France et ils ne piquaient le boulot de personne. Contrairement à ce que soutient le Front national, et même un porteparole des Républicains qui n’hésite pas à parler de hordes de migrants qui déferleraient sur la France. Nous, on considère qu’il y a du boulot pour tout le monde.

QUENTIN HEILMAN. Vous faites grève contre la gauche. Contre un gouvernement de droite très libéral, vous iriez jusqu’où ?

Ce n’est pas le gouvernement qui importe, c’est la loi. La démocratie politique et la démocratie sociale, ce n’est pas la même chose. Si nous considérons une loi comme mauvaise, on le dira. Mais si les salariés la jugent bonne — même si elle est encore plus libérale —, eh bien ils ne suivront pas la CGT si elle appelle à faire grève ! On n’a pas affaire à des robots qui se mettent au garde à vous et défilent quand on appuie sur un bouton. Il y a des lois sur lesquelles on a essayé de mobiliser, sans succès. Quitte à ce que les salariés se rendent compte deux ou trois ans plus tard qu’on avait raison de les alerter...

JEAN-SIMON MEYER. En 2012, Bernard Thibault avait appelé à voter pour Hollande. En 2017 que ferez-vous ? En 2012, la CGT a appelé à battre Nicolas Sarkozy. Quand on appelle à battre l’un, la traduction c’est qu’on appelle à voter pour l’autre. Ma position, c’est que la CGT ne doit pas donner de consigne de vote. Les salariés sont assez grands pour savoir ce qu’ils ont à faire dans les urnes.

EMMANUELLE DE RAUCOURT. Même vis-à-vis du FN ?

Je me suis suffisamment expliqué sur le FN : là, on touche à des valeurs de la CGT. Donc nous sommes contre. D’ailleurs, au FN, certains veulent interdire la CGT !

SABRINA ALLAGUE. On vous présente comme le premier opposant à Hollande et à Valls. Votre objectif est d’obtenir la démission du gouvernement ?

Non. Je m’oppose à la politique d’un gouvernement sur telle ou telle mesure, mais pas à un gouvernement. Ce n’est pas un problème de casting. Je ne suis pas le premier opposant de Manuel Valls. Qu’il démissionne et qu’on en mette un autre qui fera la même chose, ça ne sert à rien ! Notre souhait, c’est que le président de la République tienne ses engagements de candidat : « je m’attaque au monde de la finance ; je favorise le dialogue social », etc. Quand on présente un programme et qu’on est élu, le respect pour les électeurs, c’est de tenir le programme pour lequel on est élu.

VIDEO. Philippe Martinez : «La CGT ne doit pas donner de consigne de vote»

L’HOMME

SABRINA ALLAGUE. Quel est votre salaire ?

Je gagne 2 900 € net par mois. C’est le salaire que j’avais chez Renault. Je n’ai pas eu d’augmentation individuelle depuis 2000.

JEAN-SIMON MEYER. Quel est votre métier ?

Je suis technicien supérieur. J’ai démarré dans l’approvisionnement entre les usines d’Espagne et l’usine française. Ça a même été un premier sujet de conflit, parce qu’il y avait des primes quand on parlait une langue. Mais manque de pot, quand je suis arrivé, ils m’ont dit que c’est valable pour les vieux mais pas pour les jeunes ! Vous avez un logement de fonction, comme Thierry Le Paon ? Non, j’ai un appartement que je n’ai pas fini de payer.

LE CLIMAT DE VIOLENCE

STÉPHANE WULLEMAN. Depuis le début de la grève, avez-vous reçu des menaces ?

Oui, je dois faire un peu attention. Quelques bandes organisées envoient des courriers, avec Philippe Martinez au bout d’une corde ou « on aura ta peau ». Au bureau, les insultes pleuvent sur les standardistes et plusieurs dirigeants ont reçu des lettres anonymes avec des cercueils.

Vous ne pensez pas que c’est vous qui faites peur aussi ?

Certains entretiennent cette peur. Quand Pierre Gattaz nous traite de terroristes, ça ne fait pas rêver. Il faut arrêter d’entretenir l’idée selon laquelle le délégué CGT est là pour mettre le bordel. On a de très bonnes relations avec des patrons de PME. Je vous rappelle que l’Union professionnelle des artisans et la Confédérations générale des petites et moyennes entreprises sont aussi contre l’article 2 de la loi Travail.

Vous parliez de poids des mots. J’ai moi-même été syndiqué, mais j’ai été très choqué de la violence des tracts de la CGT contre la police...

J’ai réagi. J’ai même dit publiquement que la deuxième fois où cela a eu lieu, c’était une fois de trop. C’était une erreur. Sur la première affiche, nous avons dit qu’il fallait dénoncer toutes les violences. D’où qu’elles viennent. Il y a des vidéos sur Internet montrant que des gens ont été bousculés par la police. Nous avons dit aussi qu’il y avait un problème d’effectifs dans les services publics. Et la police est un service public. On y a supprimé 13 000 emplois et, malgré ce que dit le ministre de l’Intérieur, on n’a pas compensé toutes ces réductions d’effectifs.

Publié dans La Presse

Source: http://www.cbanque.com/actu/49544/societe-generale-deux-syndicats-signent-un-accord-salarial

 

Deux syndicats de la Société Générale ont signé un accord salarial pour 2015, malgré l'absence d'augmentation collective réclamée par l'intersyndicale, qui avait mené une grève début décembre, a-t-on appris jeudi de sources syndicales.

L'accord signé par le SNB/CFE-CGC et la CFTC, respectivement première et troisième organisations syndicales à la Société Générale, prévoit une enveloppe de 18 millions d'euros en supplément d'intéressement, ont indiqué ces mêmes sources. La prime variera entre 200 et 400 euros par personne, les plus bas salaires empochant la plus grande part, selon un document consulté jeudi par l'AFP.

Contactée, la direction n'était pas en mesure de commenter ces informations dans l'immédiat.

CFDT : « on tenait le bon bout »

L'intersyndicale (SNB/CFE-CGC, CFDT, CFTC, CGT, FO) réclamait une augmentation salariale collective et pérenne de 2% et le versement d'une prime de 750 euros. Elle avait mené le 8 décembre une grève qui avait conduit à la fermeture d'une agence sur dix. Une pétition lancée auprès des salariés pour réclamer une augmentation collective a par ailleurs recueilli entre 15.000 et 20.000 signatures.

« On avait réussi à mener un front syndical et on tenait le bon bout », s'est désolé Mathieu Pué, délégué national de la CFDT (2e syndicat), qui a « refusé en bloc la proposition » de la direction. L'accord salarial « ne correspond absolument pas aux exigences » portées par l'intersyndicale, a ajouté le responsable CFDT, déçu que deux organisations syndicales aient « plié au chantage de la direction ».

Le SNB/CFE-CGC a accepté l'offre car « c'était ça ou rien », a indiqué Daniel Petrucci, son secrétaire général qui salue une « prime d'intéressement correcte pour les classes intermédiaires ». Selon le syndicaliste, la Société Générale a augmenté son offre initiale, qui était de 13 millions d'euros.

Par la rédaction avec AFP

Publié dans A - Rémunération

Source: http://lentreprise.lexpress.fr/actualites/1/actualites/societe-generale-accord-salarial-signe-par-deux-syndicats_1633886.html#33t50kMqsmJZ131O.99

 

Paris, 18 déc 2014
Par AFP, publié le 18/12/2014 à  12:06, mis à jour à  12:06

Paris, 18 déc 2014 - Deux syndicats de la Société Générale ont signé un accord salarial pour 2015, malgré l'absence d'augmentation collective réclamée par l'intersyndicale, qui avait mené une grève début décembre, a-t-on appris jeudi de sources syndicales. 


 

L'accord signé par le SNB/CFE-CGC et la CFTC, respectivement première et troisième organisations syndicales à la Société Générale, prévoit une enveloppe de 18 millions d'euros en supplément d'intéressement, ont indiqué ces mêmes sources. 

La prime variera entre 200 et 400 euros par personne, les plus bas salaires empochant la plus grande part, selon un document consulté jeudi par l'AFP. 

Contactée, la direction n'était pas en mesure de commenter ces informations dans l'immédiat. 

L'intersyndicale (SNB/CFE-CGC, CFDT, CFTC, CGT, FO) réclamait une augmentation salariale collective et pérenne de 2% et le versement d'une prime de 750 euros.  

Elle avait mené le 8 décembre une grève qui avait conduit à la fermeture d'une agence sur dix. Une pétition lancée auprès des salariés pour réclamer une augmentation collective a par ailleurs recueilli entre 15.000 et 20.000 signatures. 

"On avait réussi à mener un front syndical et on tenait le bon bout", s'est désolé Mathieu Pué, délégué national de la CFDT (2e syndicat), qui a "refusé en bloc la proposition" de la direction. 

L'accord salarial "ne correspond absolument pas aux exigences" portées par l'intersyndicale, a ajouté le responsable CFDT, déçu que deux organisations syndicales aient "plié au chantage de la direction". 

Le SNB/CFE-CGC a accepté l'offre car "c'était ça ou rien", a indiqué Daniel Petrucci, son secrétaire général, qui salue une "prime d'intéressement correcte pour les classes intermédiaires". 

Selon le syndicaliste, la Société Générale a augmenté son offre initiale, qui était de 13 millions d'euros. 

jta/bow/it


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« Il aura fallu remonter à 2009 pour retrouver un niveau comparable de grévistes».

Cet état des lieux est celui dressé par le directeur des relations sociales lors de la « dernière » réunion de négociation salariale 2015.

«Une plus forte mobilisation qu’en 2009 sur les DEC et les plateformes téléphoniques, un peu moins sur les PSC et comparable dans les centraux» aura-t-il ajouté.

Le chiffre de grévistes que nous avons recensé est sensiblement supérieur aux 12% de salariés reconnus grévistes par la direction.

Le rassemblement qui a précédé la dernière réunion de négociation aura permis à plusieurs centaines de salariés de manifester en brandissant un carton rouge. Ce fut l’occasion d’un peu de « son et lumières » pour compenser l’absence de sapin de Noel, jugé cette année trop ostentatoire dans le hall de l’Agora des Tours SG de la défense, ce lieu habitué aux manifestations de la chorale mais pas vraiment à celle cacophonique organisée par les syndicats.

 

La comparaison avec la grève de 2009, s’arrête là.

Il était question en 2009 du montant d’une mesure salariale. En 2014, il est question de contester un choix stratégique et éminemment politique. Celui de faire renoncer aux syndicats la possibilité de négocier une mesure d’augmentation collective des salaires.  En 2009, avec 6.000 grévistes, le nouveau PDG Frédéric Oudéa avait fini par proposer 1% et 1000 euros de supplément d’intéressement. Proposition jugée trop faible à l’époque… il faut se rappeler que l’inflation n’était effectivement pas au même niveau (2,8% en 2008).

Le 5 décembre 2014, ce sont bien plus des 12% de grévistes recensés par la direction qui auront manifesté leur volonté d’un juste retour sur leur propre investissement au travail. Certes, la DRH juge nos demandes « déraisonnables »  et brandi l’accord intéressement – participation (P+I) qui devrait donner des résultats dès 2015. Les arguments étaient déjà les mêmes avec l’accord P+I précédent (« Les effets de Bâle 3 sont neutralisés pour 92% des salariés et si les résultats augmentent la P+I va augmenter de manière très significative » juin 2011). Sauf qu’au cours des 3 années suivantes les primes d’intéressement ont fondu. Le versement 2014 aura été compensé en partie par la signature in extremis d’un supplément d’intéressement (200 euros par salariés, soit 8 millions d’euros).

Ainsi face aux promesses des retombées de la nouvelle formule, il y a bien déjà un bilan négatif sur les 3 dernières années ( Rémunération financière en 2009=125 millions, 2010=110 millions, 2011=100 millions, 2012=69 millions, 2013=61,7millions …. Source bilan social).

A ce bilan négatif en terme de P+I, s’ajoute la suppression annoncée du plan d’actionnariat salarié et donc du montant de la décote. Cette économie pour la direction couvre déjà, à elle seule, la proposition de supplément d’intéressement faite lors de la réunion du 8 décembre (une enveloppe de 15 millions, entre 100 et 350 euros par salarié).

 

Le mélange des genres et le chantage

Au-delà de ce bilan sur l’aspect salarial, la direction a décidé, pour faire passer la pilule, de faire un chantage à la signature : si vous signez un accord salarial avec nous, nous y mettrons le paiement des jours de carence et tout ce qui jusqu’à présent faisait partie de l’accord social SG. Etre en désaccord sur la politique salariale de la SG est une chose. C’est une autre affaire que de mettre dans la balance (pour faire passer le vide d’un accord salarial) les accords SG qui ont été signés et qui auront permis d’acter des droits et garanties supérieurs à ceux inscrits dans notre convention collective.

Les 5 organisations syndicales se sont donc retournées vers Fréderic Oudéa pour qu’il les reçoive rapidement et qu’il entende ainsi, à nouveau, la nécessité de revoir sa réponse aux revendications syndicales, la pétition des 15.000 salariés et la grève du 5 décembre (cf pj). En attendant une réponse officielle, le directeur des relations sociales tente de jouer la division syndicale, en s’empressant de proposer quelques rencontres bilatérales avec certains syndicats.

 

Bon courage à tous,

Philippe FOURNIL, Ludovic LEFEBVRE

Délégués nationaux de la CGT

Nous reviendrons dans les infos de la semaine pour une expression plus large. Mais vous pouvez, bien sûr, diffuser ce message sans restriction.

Bonjour,

 

Après la pétition signée par 15.000 salariés et la grève du 5 décembre, nous étions donc conviés à cette « dernière » réunion de négociation sur les salaires.

Tout d’abord, nous tenons à remercier les salariés qui se sont déclarés grévistes et qui auront permis ainsi à la direction de mesurer le malaise ambiant. Entre 13h00 et 14h30, les 5 syndicats avaient invité à un rassemblement dans les tours de la SG pour redonner à l’Agora(*) son sens originel : la place du peuple.

Quelques 300 personnes ont pu brandir un carton rouge (« salarié en colère », « pas content ») au milieu des cornes de brumes et des sifflets, un vacarme inhabituel dans ces lieux.

La réunion officielle a donc ensuite commencé à quelques encablures du rassemblement. D’entrée, le directeur des relations sociales, Jean Francois Climent, a confirmé la position de la direction : « pas de mesure collective ni pérenne, ni sous forme de prime ».

Il a rappelé ses propositions à la marge :

- augmentation des minimas salariaux de 1,5%, « mesure dont les effets sont assez significatifs» (sic) …. Sur 400 salariés maximum.

- augmentation de 2 jours de congé paternité (de 7 à 9 par naissance, de 13 à 15 pour les naissances multiples) ;

- passage du salaire minimal des cadres de plus de 50 ans à 37.500 euros. Il a également précisé que « ces mesures ne s’appliqueraient qu’en cas de signature d’accord, tout comme le prolongement du paiement des jours de carence pour les deux prochaines années (**)».

Cette menace remet en cause le fondement même du pacte social de l’entreprise, puisque cette mesure est partie intégrante du statut SG, accord négocié et signé en juillet 2000.

Cet accord complète notre convention collective et notre contrat de travail, en y ajoutant des garanties spécifiques à l’entreprise, forgeant ainsi l’identité sociale de la maison. Au passage, pour justifier sa position, il aura souligné que les salaires de la SG étaient 6 à 7 % supérieurs à ceux de nos concurrents.

Nous lui avons rappelé que, très récemment encore, les représentants de la direction parlaient d’un écart de 15%.... Par ailleurs, le directeur des relations sociales a ouvert la possibilité d’un supplément d’intéressement entre 100 et 300 euros… dont les syndicats pourraient discuter du mode de répartition, mais qui nécessite de toute façon l’accord du conseil d’administration. Cette disposition se monterait aux alentours d’une quinzaine de millions d’euros. Nous avons bien sûr dénoncé le chantage de la direction qui ne reflète que l’aveuglement dans lequel elle s’enferme.

La position jusqu’au-boutiste, qui vise a refuser d’augmenter collectivement les salaires, s’accompagne maintenant du chantage au paiement des jours de carence. Refusant de subir ce chantage, les 5 organisations syndicales ont convenu de se tourner vers Frédéric Oudéa, pour lui demander un entretien et tenter de débloquer ainsi la situation périlleuse dans laquelle il aura largement contribué à nous mettre.

Les 5 organisations syndicales vont s’exprimer dans un communiqué commun et dans l’attente de cet entretien avec le PDG, elles ne tiendront plus aucune réunion avec la direction. Il faut que chacun comprenne bien qu’une rupture est en train de se manifester de plus en plus clairement. Après la suppression du plan d’actionnariat salarié, la suppression des augmentations collectives, la menace de supprimer le paiement des jours de carence, ne laisse pas de place au doute. Les enveloppes du variable sont déjà affichées à la baisse et les enveloppes d’augmentation individuelle sont quasi inexistantes. Il faut que le personnel soit prêt à se manifester, sous une forme ou sous une autre, si la direction n’entend pas clairement le message.

Nous vous ferons passer les informations au fur et à mesure. Bon courage. (*) hall d’entrée des Tours SG à la Défense (**) la SG paye les 2 jours de maladie que la sécu ne prend pas en charge. La convention collective prévoit le paiement de ces jours pour les 2 premiers arrêts. Au delà, le statut social a permis jusqu’a maintenant de maintenir le salaire.

 

Philippe FOURNIL

Ludovic LEFEVBRE

Délégués Nationaux Syndicat CGT

17, cours Valmy 92800 Puteaux

Tel.: 33 (0)1 42 14 30 68 Fax: 33 (0)1 42 13 08 71

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. http://192.16.214.12/espacesyndicalcgt/

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Sharon Wajsbrot / Journaliste | Le 09/12 à 06:00

BANQUE :Lundi, la dernière séance de négociation annuelle obligatoire à la Société Générale n'a donné lieu à  « aucune avancée », a indiqué l'intersyndicale de la banque. Selon la CGT, l'entreprise aurait conditionné le maintien d'un accord sur le paiement des jours de carence à la signature des mesures proposées. L'intersyndicale réclame désormais un rendez-vous  « dans les plus brefs délais » avec le patron de la Société Générale, Frédéric Oudéa. 

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/journal20141209/lec2_finance_et_marches/0204001151397-societe-generale-les-negociations-salariales-se-corsent-1072871.php?ECZiV60mPErz4M3q.99
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Les Echos | Le 07/12 à 16:36, mis à jour à 17:05

Les attentes sont fortes après les augmentations générales chez BNP Paribas.

 
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L’augmentation collective est au cœur de la négociation salariale de la Société Générale. Les salariés seront fixés ce lundi sur les mesures pour 2015. La banque a annoncé qu’elle consentirait à revaloriser de 1% la grille des salaires minimum et à augmenter le salaire minimum des cadres de plus de 50 ans. Elle ne s’est pas engagée à accorder une augmentation collective ; privilégiant un plan de participation et d’intéressement (P+I) lié aux résultats de l’entreprise.

Les cinq syndicats sont en désaccord : « on a l’impression que le consensus est rompu, indique Philippe Fournil, délégué national CGT à la Société Générale.La direction doit entendre le mécontentement et respecter le pacte social qui a permis de traverser ces 150 dernières années », plaide t-il.

 
 

Appel à la grève

Pour faire entendre leur voix, les syndicats de la banque avaient appelé à la grève vendredi. Le mouvement a été plutôt suivi dans les agences et très peu au siège. Pour la Société Générale, la pression est d’autant plus forte que BNP Paribas a accordé une augmentation générale de 0,5% à ses salariés. Une mesure qui vise certainement à fédérer ses troupes après le choc de l’amende record versée aux Etats-Unis l’été dernier.

Edouard-Malo Henry, directeur des ressources humaines de la Société Générale, considère que les demandes des syndicats, soit 2% d’augmentation générales, sont « déraisonnables ». « Elles pourraient constituer une menace pour l’emploi. Une augmentation de 1,6% de la masse salariale et un accroissement de la participation/intéressement sont déjà de nature à consolider le pacte social », explique t-il. Il est vrai qu’on assiste en Europe à des suppressions d’emplois massives au Royaume-Uni à l’heure d’un engouement pour la banque digitale.

Pour les dirigeants du groupe, cette politique est en ligne avec le contexte économique  : 0,5% de croissance , 0,5% de inflation et 0,5% de taux d’intérêt. «Nous tenons compte d’un environnement de très faible inflation et de pression à la baisse des revenus de la banque de détail», nous assure Frédéric Oudéa.

Ce contexte pèse de fait sur une grande partie des entreprises du CAC 40, engagées elles aussi dans des négociations salariales tendues pour 2015. BNP Paribas a mis la barre très haut alors que le Crédit agricole et le groupe BPCE n’ont pas encore achevé leurs négociations. A la Société Générale, la décision prise aujourd’hui devraient influencer à leur tour les pratiques des autres grands groupes bancaires.

Frank Bournois

ESCP Europe - Directeur général.

Publié dans 1 - Salaire / NAO
Paris, 8 déc 2014

Société générale: "Aucune avancée" dans les négociations salariales (syndicats)

Par AFP, publié le 08/12/2014 à  19:16, mis à jour à  19:16

Paris, 8 déc 2014 - "Aucune avancée" n'a été faite lundi lors de l'ultime négociation annuelle sur les salaires à la Société générale, regrettent les syndicats, la CGT dénonçant le "chantage" de la direction, qui refuse toute augmentation collective en 2015. 

 

 

L'intersyndicale (CFDT, CFTC, FO, CGT, SNB/CFE-CGC) réclame une augmentation salariale collective de 2% et une prime de 750 euros, des demandes rejetées par l'entreprise. Les organisations syndicales avaient appelé l'ensemble des salariés à faire grève vendredi. 

"La direction ne bouge pas et reste sur ses propositions", qui ne prévoient "aucune mesure collective et pérenne" sur les salaires, a indiqué à l'AFP Mathieu Pué, délégué central CFDT. 

Lundi, la dernière séance de négociation annuelle obligatoire (NAO) n'a donné lieu à "aucune avancée", malgré une grève jugée "plus que significative" par le responsable du deuxième syndicat de la banque. Une agence sur dix était restée fermée vendredi. 

L'entreprise s'est engagée à augmenter les minima salariaux, ce qu'elle avait "déjà proposé à la réunion précédente", a déploré Philippe Fournil de la CGT, qui fait état du "chantage" de la direction. 

Selon le responsable syndical, l'entreprise aurait conditionné le maintien d'un accord sur le paiement des jours de carence à la signature des mesures proposées (augmentation des minimas salariaux, du congé paternité, du salaire minimal des cadres de plus de 50 ans). 

Supprimer cet accord serait une "remise en cause du socle social" de la Société générale, plus généreuse que la convention collective des banques, selon M. Fournil. 

L'intersyndicale réclame désormais un rendez-vous "dans les plus brefs délais" avec le patron de la Société générale, Frédéric Oudéa. "Dans l'attente de cet entretien avec le PDG", prévient la CGT, les syndicats "ne tiendront plus aucune réunion avec la direction". 

jta/db/ei 


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Publié dans 1 - Salaire / NAO

LES ECHOS | LE 07/12 À 16:36, MIS À JOUR À 17:05

Les attentes sont fortes après les augmentations générales chez BNP Paribas.

L’augmentation collective est au cœur de la négociation salariale de la Société Générale. Les salariés seront fixés ce lundi sur les mesures pour 2015. La banque a annoncé qu’elle consentirait à revaloriser de 1% la grille des salaires minimum et à augmenter le salaire minimum des cadres de plus de 50 ans. Elle ne s’est pas engagée à accorder une augmentation collective ; privilégiant un plan de participation et d’intéressement (P+I) lié aux résultats de l’entreprise.

Les cinq syndicats sont en désaccord : « on a l’impression que le consensus est rompu, indique Philippe Fournil, délégué national CGT à la Société Générale.La direction doit entendre le mécontentement et respecter le pacte social qui a permis de traverser ces 150 dernières années », plaide t-il.

Appel à la grève

Pour faire entendre leur voix, les syndicats de la banque avaient appelé à la grève vendredi. Le mouvement a été plutôt suivi dans les agences et très peu au siège. Pour la Société Générale, la pression est d’autant plus forte que BNP Paribas a accordé une augmentation générale de 0,5% à ses salariés. Une mesure qui vise certainement à fédérer ses troupes après le choc de l’amende record versée aux Etats-Unis l’été dernier.

Edouard-Malo Henry, directeur des ressources humaines de la Société Générale, considère que les demandes des syndicats, soit 2% d’augmentation générales, sont « déraisonnables ». « Elles pourraient constituer une menace pour l’emploi. Une augmentation de 1,6% de la masse salariale et un accroissement de la participation/intéressement sont déjà de nature à consolider le pacte social », explique t-il. Il est vrai qu’on assiste en Europe à des suppressions d’emplois massives au Royaume-Uni à l’heure d’un engouement pour la banque digitale.

Pour les dirigeants du groupe, cette politique est en ligne avec le contexte économique  : 0,5% de croissance , 0,5% de inflation et 0,5% de taux d’intérêt. «Nous tenons compte d’un environnement de très faible inflation et de pression à la baisse des revenus de la banque de détail», nous assure Frédéric Oudéa.

Ce contexte pèse de fait sur une grande partie des entreprises du CAC 40, engagées elles aussi dans des négociations salariales tendues pour 2015. BNP Paribas a mis la barre très haut alors que le Crédit agricole et le groupe BPCE n’ont pas encore achevé leurs négociations. A la Société Générale, la décision prise aujourd’hui devraient influencer à leur tour les pratiques des autres grands groupes bancaires.

Frank Bournois

ESCP Europe - Directeur général

Publié dans A - Rémunération

Une grève d'employés de la Société Générale réclamant une augmentation salariale est prévue vendredi, avec un risque de fermetures d'agences bancaires dans certaines villes. 

IGrève pour les salaires à la Société Générale

Les agences de Marseille, Lyon, et Lille devraient être particulièrement touchées par ce mouvement de grève.

afp.com/Pascal Guyot

Les cinq syndicats de la Société Générale (CFDT, CFTC, FO, CGT, SNB/CFE-CGC) ont lancé un appel à la "mobilisation générale". La CGT prévoit "une mobilisation assez forte", notamment du côté de Marseille, Lyon et Lille, "avec un nombre d'agences fermées assez significatif", selon Philippe Fournil, délégué national à la Société Générale.  

L'intersyndicale réclame une augmentation salariale de 2% et une prime de 750 euros pour l'ensemble des salariés. 

Une pétition de 15 000 signatures

La direction précise dans un communiqué que la négociation annuelle obligatoire (NAO) "est actuellement en cours". "Sans préjuger de l'issue des négociations, nous tenons à privilégier le dialogue avec les partenaires sociaux qui se poursuit", ajoute-t-elle. Une pétition réclamant une hausse des salaires aurait déjà recueilli 15 000 signatures, selon Philippe Fournil, soit un peu moins de la moitié des effectifs. 

Les salariés ont "ras-le-bol de faire des efforts" sans contrepartie financière et veulent "marquer le coup" avant la prochaine négociation salariale de lundi, relève Régis Dos Santos, président du SNB/CFE-CGC, l'un des 5 syndicats de l'entreprise. 

En cas de réunion infructueuse, l'intersyndicale envisagera "la possibilité d'une nouvelle journée d'action le 24 décembre", prévient-elle dans son communiqué. 


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Publié dans 1 - Salaire / NAO
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